Combien coûte le Spam ?
Article morose et fataliste dans les colonnes de notre confrère ComputerWorld, qui témoigne de l'impuissance des administrateurs réseaux face aux avalanches de « courrier non sollicité », autrement dit, le spam *. Les outils actuels sont chers, inefficaces puisque reposant sur des règles et des chaînes de caractères, et incapables bien souvent de remonter à la source du mal. Rien de très original si ce n'est une estimation chiffrée de quelques interviewés : Brightmail, éditeur d'antivirus et anti-spam, constatait une moyenne de 148 100 emails de « prospection commerciale directe » en janvier 2000, et près de 2,8 millions le mois dernier. Un fournisseur de service d'Alaska, HiWaay, déclare bloquer en moyenne 150 spams par minute... soit 78,8 millions de messages smtp par an... LoveLetter et Anna Kournikova n'ont qu'à aller se rhabiller. Pendant ce temps, de doctes avocats plaident la cause de la liberté d'expression appliquée aux pratiques commerciales directes et cherchent à prouver que ces pratiques génèrent une activité économique justifiée. C'est sans compter le coût monstrueux supporté par l'infrastructure Internet et les conséquences paralysantes de ces envois en masse sur les bureaux de poste d'entreprises et d'ISP.
* Spam : n.m., courrier non sollicité. Mot d'origine anglaise désignant une conserve de jambon reconstitué, qui est à la charcuterie artisanale ce que le MacDonald est à la gastronomie périgourdine : un véritable blasphème. Le mot fut adopté circa 75 probablement du coté de l'UCSD et tire très probablement sa source d'un sketch chanté par les Monthy Python sur la BBC : « Lovely Spam » (in « The Final Ripp Off » Editions Virgin)