Echelon : la Belgique pour les Euro-barbouzes
Un rapport au nom du Sénat d'Outre Quiévrain soulève, une nouvelle fois, le problème lié au système d'écoute Echelon et de sa légalité dans le cadre du concert européen. Les rapporteurs, Mme Lizin et M. Van Parys, ne sont tendres avec personne. Ni avec le gouvernement britannique, participant ouvertement à l'infrastructure du système d'écoute, ni avec d'autres pays membres, tels l'Allemagne, qui accepte sans réserve l'implantation des stations d'écoutes de la NSA sur son territoire.
La France même n'est pas épargnée, non pas pour posséder des centres ComInt sur son territoire, en Guyane ou à Mayotte, mais pour ne pas avoir définis de cadre légal clair concernant le « degré de liberté » donné à la DGSE. Il lui est également reproché d'avoir réagit avec « mollesse » lorsque le problème Echelon a été révélé. La récente enquête conduite par le Parlement Européen fait également l'objet de critiques acerbes, principalement sur l'aspect légal de sa compétence -puisque des pays membres sont directement ou indirectement impliqués-.
Et le rapport de suggérer, outre un approfondissement de la question auprès de différents organismes (OMC, Otan, UE...), la création,« au sein de l'Union européenne, [...] d'un service de renseignement européen ». Le tout étant accompagné de mesures visant à améliorer les échanges entre SR des différents pays membres et interdire tout espionnage à orientation économique. Lorsque l'on constate la « franche camaraderie » qui règne entre DST et DGSE, on se demande comment un « directorat » réunissant les représentants des BND, MI5, SGR, ex-Sdèke et consorts pourraient se dérouler dans le calme et la confiance.