Huawei a le cloud en ligne de mire

le 23/11/2011, par Serge LEBLAL, Cloud / Virtualisation, 805 mots

Bien connu en France pour ses solutions télécoms pour opérateurs, le constructeur chinois Huawei met désormais en avant ses serveurs x86, ses systèmes de stockage et sa plate-forme de cloud privé pour renforcer sa présence dans les entreprises.

Huawei a le cloud en ligne de mire

Au coeur de l'empire Huawei, sur le gigantesque campus de Shenzhen, le constructeur chinois a présenté à une brochette de journalistes français ses solutions télécoms et réseaux, ses terminaux mobiles, ses serveurs, ses systèmes stockage et sa plate-forme de cloud computing. Si en Europe, le nom de Huawei ne fait pas spontanément penser à des serveurs ou à des baies de stockage, en Asie le constructeur est déjà un fournisseur global d'infrastructures pour datacenter. Les salles informatiques de géants chinois comme Baidu (le Google national) ou Alibaba (le numéro de la vente en ligne en Chine) sont par exemple équipés avec des solutions serveur et stockage nous a confié Leon He, vice-président en charge des ventes enterprise chez Huawei. Sans état d'âme, le dirigeant avoue volontiers être désormais en compétition avec HP, Dell, EMC ou Cisco, mais exclut encore IBM. 

Un géant chinois à l'assaut du reste du monde

Crée en 1987, Huawei a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de 29 milliards de dollars US et a investi près de 2, 5 milliards en R&D en 2010. Si les revenus de l'activité entreprise sont encore modestes, 2 milliards de dollars, le marché est porteur et aucun nouvel entrant majeur n'est venu le chahuter sur ce segment. Huawei se fait donc fort de réveiller le marché. Parmi les serveurs proposés par le constructeur chinois, deux modèles ont particulièrement retenu notre attention. Les modèles E6000 et X6000. Le premier peut accueillir 10 lames verticales équipées d'un ou deux processeurs Xeon 5500/5600 avec quatre ou huit cours épaulés par un maximum de 192 Go de RAM. Le second peut recevoir des demi-lames animées par un Xeon 3400 quatre coeurs avec 32 Go de RAM max (XH-310), un ou deux Xeon 5500/5600 avec 192 Go de RAM (XH-320) et enfin un ou deux Xeon 5500/5600, mais avec 288 Go de RAM (XH620). Le design modulaire du X6000 peut combiner 4 demi-lames dans un noeud occupant 2U dans l'armoire qui fait au total un maximum de 84 blades (voir illustration principale). 

Impossible d'obtenir des prix pour ces serveurs, Catherine Hu, directrice de la branche IT chez Huawei, nous a simplement précisé que ces produits seront commercialisés en France à des tarifs très compétitifs. La responsable fonde notamment de grands espoirs sur le modèle X6000, baptisé Cloud Server. C'est la seconde brique dans la stratégie du chinois qui a construit une plate-forme cloud de type IaaS et une offre de stockage cloud reposant sur des stacks Open Source. « Nous sommes clairs, nous poussons une plate-forme ouverte », précise Leon He. « Sur le marché français, nous recherchons des partenaires et poursuivons nos études marketing pour bien affiner notre offre. Nous travaillons d'ailleurs avec les opérateurs télécoms pour évaluer le marché. Notre ambition est de les aider à réduire leurs couts et à améliorer leurs revenus. » Un centre de compétence va également ouvrir en région parisienne pour accélérer le mouvement. 



Huawei n'arrive pas les poches vides sur le marché du cloud. « 10 000 personnes dans la Silicon Valley à Santa Clara, en Europe et en Chine travaillent à l'intégration de notre offre cloud privé avec l'écosystème et les partenaires » indique Catherine Hu. 55 300 employés sur un total de 120 000, soit près de 44%, travaillent ainsi à la R&D du chinois. Ce cloud repose sur quatre fonctions clefs : virtualisation, automatisation, distribution et parallélisme. En Europe, Huawei travaille déjà avec Deutsche Telekom et sa filiale T-System sur le sujet. « L'année prochaine un de nos clients européens pourra témoigner de son expérience » confie encore Catherine Hu. A la question de savoir pourquoi Huawei serait mieux placé qu'un autre pour démarrer un cloud privé, la responsable répond sans détour que « nous n'avons pas seulement du matériel ou du logiciel, nous apportons une plate-forme cloud complète ». Il s'agit ici encore d'une question de confiance et c'est ce qui est le plus long à construire. 

« Par nos succès européens avec les opérateurs, nous pensons avoir les atouts pour percer sur le marché avec nos solutions cloud. Le cloud computing est une opportunité de revoir l'informatique dans les entreprises, voilà pourquoi nous poussons nos solutions aujourd'hui. Mais le cloud chez Huawei passe également par une offre stockage baptisée CloudStor. Cette solution qui propose stockage et sauvegarde en ligne repose sur des produits maison. En sus des serveurs, Huawei propose en effet une ligne stockage complète avec SAN (les S3900 et S5900), NAS (N8000), bandes (VTL 3000 et 6000) et plate-forme de virtualisation (VIS-6000). Le chinois se mesure d'ors et déjà à IBM, EMC, HP, Hitachi ou NetApp comme le souligne cette présentation. Un marché fort disputé ou les rachats récents n'ont pas fini de redistribuer les cartes. Nous verrons bien dans les mois qui viennent si Huawei réussit à placer ses solutions.



Le cloud public n'est pas toujours avantageux sur le plan financier

Le cabinet ISG publie la première édition de son index des prix mensuels du cloud public. Les coûts informatiques internes s'avèrent compétitifs quand l'utilisation des instances cloud est supérieure à 55%. Pou...

le 18/08/2015, par Didier Barathon, 482 mots

Le marché du SDN devrait être multiplié par 15 d'ici 2019 chez les opé...

Selon AT&T, le SDN permet d'améliorer de 95% le provisionnement de ses services. Il permet aussi à l'opérateur, pionnier dans ce domaine, de proposer un portail de libre-service en ligne et des services de ...

le 17/08/2015, par Didier Barathon, 414 mots

Cloud Week : 53% des entreprises ont modifié en profondeur leur organi...

Pour sa première édition, la Cloud Week, qui s'est tenu du 6 au 10 juillet dernier,  a donné la parole en 5 jours à tous les secteurs du cloud computing, la dernière session étant dédiée aux utilisateurs. Pour ...

le 16/07/2015, par Didier Barathon, 723 mots

Dernier dossier

Une nouvelle race d'OS, les micro OS, pour le cloud et les conteneurs

Il semble très probable que les clouds à l'avenir seront alimentés par des serveurs légers et des applications conteneurisées, avec des micro systèmes d'exploitation et des conteneurs qui joueront un rôle central. Deux avantages à noter : la petite taille de ces micro systèmes d'exploitation micro qui conduit naturellement à une surface d'attaque p...

Dernier entretien

Patrick Bergougnou

Pdg de Cirpack

« Le WebRTC, c'est le nouveau levier des communications unifiées »