Nous sommes tous des spammers !
Les « courriers non sollicités » sont légion.
Ceux qui vantent les mérites du Viagra végétal ou d'un méthode miracle permettant de gagner 20 000 $ par jour sans quitter son lit par exemple, et il faut admettre que plus personne n'y prête attention.
Mais cette fois, les vendeurs d'adresses et les escrocs de la « retape par courrier » semblent, avoir franchi une nouvelle étape dans l'insupportable : le vol d'identité. En effet, les différentes enquêtes engagées avec succès par le FBI contre la VPC en ligne abusive débutent par une poursuite de l'administrateur smtp et du signataire du courrier.
Il suffisait d'y penser, les cyber-arracheurs de dents substituent leur propre identité avec celle d'un des membres de leur liste de prospects. Du coup, nombre d'usagers français reçoivent les « NDR » (liste des alias refusés ou non atteints) provenant du serveur de « spam ».
Pour corser l'histoire, les NDR en question ne proviennent jamais du même serveur déclaré : tantôt celui d'un petit ISP américain, tantôt une université d'Arabie Saoudite ou un domaine appartenant à une association à but non lucratif.br>
Inutile de préciser que jamais les administrateurs des sites concernés n'ont été complices du moindre envoi de courrier en masse.
Cette double astuce vicieuse pose de nombreux problème.
Moraux, tout d'abord, puisque le possesseur de l'alias piraté passe, aux yeux des récipiendaires, pour le responsable de ce harcèlement épistolaire. Légal ensuite, car juridiquement, le possesseur de l'alias peut être poursuivi sous plusieurs chefs d'inculpation, allant de la tentative d'escroquerie à l'abus de bien social, en passant par l'usurpation de nom de domaine ou plus simplement « spamming » comme le prévoir la loi californienne.
Le plus grave bien entendu étant de risquer d'être jugé par le tribunal d'un plaignant situé hors de la juridiction française.