

Philippe Germond : "la concurrence est en danger"
Edition du 09/01/2002 - par
Christophe Bardy
Comme chaque année, Cegetel présente ses voeux sous la forme des doléances de son PDG, Philippe Germond, qui, dans un entretien au Figaro, accuse France Télécom de mettre la concurrence en danger en France.
Première récrimination, France Télécom a imposé la date du 9 janvier pour l'ouverture du marché des communications locales. Selon Cegetel, cette mesure a été en partie prise pour ne pas perdre le très lucratif marché des appels de voeux de début d'année.
"France Télécom recrée un monopole sur l'ADSL"
Si M. Germond se félicite de l'ouverture à la concurrence du marché des communications locales, jusqu'alors monopole de l'opérateur historique, il accuse son concurrent de recréer un monopole sur l'ADSL.
Il met en cause notamment les barrières érigées par France Télécom qui empêche les opérateurs alternatifs de "déployer et de rentabiliser leurs investissements". Selon P.Germond, le régulateur est en partie responsable, car il n'a pas forcément conscience de l'urgence de la situation. "Des mesures réglementaires suffisamment fortes tardent à être prises et appliquées, notamment sur le dégroupage " a-t-il notamment déclaré à nos confrères du Figaro.
Des larmes de crocodile...
Si, sur certains points, on ne peut qu'être d'accord avec Philippe Germond, on peut toutefois s'interroger sur la stratégie de Cegetel sur certains marchés. Ainsi, Pour ses tarifs d'appels locaux Cegetel a choisit un tarif unique quelque soit l'heure de la journée. Résultat, en soirée, les tarifs grand public de l'opérateur sont plus élevés que ceux de l'opérateur historique. Il est difficile de se proclamer hérault de la concurrence et se permettre d'être plus cher que l'ex-monopole.
Ensuite, Cegetel a été parmi les plus lents à proposer une offre ADSL, alors que d'autres comme Colt, ont considérablement misé sur la technologie. Se plaindre aujourd'hui de l'avance de France Télécom dans ces conditions a de quoi surprendre. D'autant que Cegetel a complètement raté le décollage de l'internet grand public en France et n'a plus de FAI dans l'hexagone depuis le désengagement de Vivendi d'AOL. Comment s'étonner, dès lors, que Wanadoo, caracole en tête des ventes ADSL si l'on a aucune base installée de clientèle et aucune offre DSL à son catalogue grand public.
Il est peut-être intellectuellement satisfaisant de se plaindre de l'ex-monopole, mais certainement plus efficace d'investir pour conquérir des marchés. D'autres branches de Vivendi, comme CanalSatellite, semblent l'avoir mieux compris...
En savoir plus :

12/12/2001 :
Cegetel prévoit 40% de croissance pour 2002

13/11/2001 :
BT sortira du capital de Cegetel

05/09/2001 :
Belgacom en pourparler avec Cegetel
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