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Feu vert pour l'introduction de Google en bourse


Edition du 19/08/2004 - par Christophe Bardy

Google va finalement pouvoir s'introduire en bourse. La Securities and Exchange Commission (SEC), l'équivalent de l'autorité des marchés financiers (AMF) française, a en effet donné son aval à l'émission publique initiale d'actions du moteur de recherche internet.

Cet aval de la SEC permet à Google de clôturer son processus d'enchères et de débuter la cotation de ses titres sur le marché américain du Nasdaq, sous le symbole GOOG.

A l'origine, Google prévoyait un prix d'introduction situé entre 108 et 135 $ mais le brutal reflux des valeurs technologiques sur les marchés financiers au cours de l'été a contraint la firme à revoir ses ambitions. Ce jeudi, Google a confirmé un prix d'introduction de 85$. L'introduction en bourse devrait donc permettre à la firme de lever environ 1,3 Md$.

Une IPO entachée de maladresses.

La revue à la baisse de son prix d'introduction n'est pas le seul couac qu'ait connu Google dans sa course aux marchés financiers. Selon certains analystes, l'IPO du moteur de recherche est un cas d'école des erreurs à ne pas commettre.


Dans un premier temps, Google a attiré l'attention de la SEC et des autorités judiciaires californiennes en annonçant avoir peut être contrevenu aux lois financières américaines en émettant des actions non enregistrées à des salariés et des consultants dans le passé. Même si Google a proposé de racheter ces actions pour 25,9 M$, des enquêtes sont en cours pour déterminer la légalité du processus.

Une autre controverse est apparue lors de la publication en août par le magazine Playboy d'une interview réalisée en avril dernier avec les deux fondateurs de la société, Larry Page et de Sergey Brin (notre photo). L'interview est apparue alors que Google était entrée dans sa quiet Period (littéralement sa période de silence) avant l'introduction en bourse. En principe, Le Securities Act de 1933 interdit aux dirigeants de sociétés de s'exprimer sur leur société à l'approche de son introduction en bourse.

Si certains analystes ont tiré parti de l'occasion pour tirer à boulets rouges sur les méthodes de management peu orthodoxe de Google, d'autres relativisent la situation. Comme l'explique David Schatsky de Jupiter Research, "la société s'est attirée beaucoup de publicité du fait de sa procédure peu orthodoxe d'introduction en bourse(NDLR : Google a établi son prix de cotation en utilisation la méthode des enchères hollandaises). (...) Beaucoup d'encre à coulé sur les erreurs commises durant l'IPO (...) Mais si être interviewé dans Playboy constitue une faute, Elle est sans doute bien plus bénigne que celles commises par d'autres dirigeants d'entreprises au cours des trois dernières années"...

Une opinion modérée qui contraste singulièrement avec la position adoptée par Rob Enderle, d'Enderle Consulting, qui compare l'immaturité de Google à celle de Netscape et prédit à la société une fin similaire à l'ex-star de l'ère internet. Plus réalistiquement, On peut estimer que l'introduction en bourse de Google devrait permettre à la société de s'installer dans la durée. Google devrait en effet entamer la semaine prochaine avec plus de 2 Md$ dans ses caisses...