


Gendarmerie : « La migration de 70 000 postes sous Linux est pour nous un non-événement »
Edition du 01/02/2008 - par
Bertrand LEMAIRE
La Gendarmerie Nationale va progressivement migrer ses 70 000 postes de travail sous Linux Ubuntu, au fil des renouvellements de matériel. Une stratégie appliquée depuis 2004 permet d'alléger un certain nombre de processus techniques et de diminuer les coûts.
Pour l'interopérabilité, la maitrîse technique et les coûts
Le choix du logiciel libre s'est donc déroulé progressivement, avec pragmatisme. Mais accompagné par une véritable gouvernance. Le colonel Nicolas Géraud en détaille les trois raisons : « Tout d'abord, les logiciels libres utilisent des standards ouverts selon la définition de la LCEN [Loi sur la Confiance dans l'Economie Numérique, NDLR]. Pour nous, c'est la garantie d'une interopérabilité indépendamment des logiciels utilisés à l'exemple d'Internet dont le succès est dû à son caractère universel lié à l'utilisation de standards ouverts. Ce point est essentiel pour nous qui sommes un acteur de la sécurité intérieure, car notre environnement est de plus en plus hétérogène, inter-administrations, sans oublier demain le dialogue direct avec les citoyens. »
« La deuxième raison est la maîtrise interne du socle technique et de sa sécurité qui permet d'adapter plus rapidement les systèmes d'information aux enjeux stratégiques de la gendarmerie . Enfin, le choix du logiciel libre repose sur la maîtrise des coûts. Après quatre ans d'expérience dans le domaine nous n'avons pas détecté de coûts cachés supérieurs à ceux existant dans le monde propriétaire pour des logiciels du type de OpenOffice, Firefox, Thunderbird ou Linux. »
« Toute l'administration du socle technique est faite en interne, mais les développements d'applications sont en général externalisés. La maîtrise du socle technique permet de mieux faire jouer la concurrence entre les prestataires. Et puis, une connexion d'un gendarme à l'intranet, c'est pratiquement 15 couches de services logiciels. Avec les logiciels libres, nous n'avons pas eu à passer de marché public sur toutes les couches. 70% sont en logiciels libres et nous économisons donc à ce jour 700 000 licences de 25 à 300 euros l'unité. Lorsque, chez nous, nous déployons un logiciel à 100 euros/poste, c'est un budget de 7 millions d'euros ! Le logiciel libre est donc pour nous une manière de participer à la baisse du coût total de possession de notre parc informatique. »
Note : L'article a été relu et validé par le Sirpa de la Gendarmerie et le colonel Nicolas Géraud.
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