


« L'implantation de Huawei à Lannion répond à une vraie stratégie »
Edition du 23/03/2007 - par
Olivier Coredo
Pied de nez à Alcatel Lucent à Lannion, le grand ennemi Chinois, Huawei, s'installe juste en face. En ces temps de troubles sociaux, l'implantation fait figure de provocation. Gaston Khoury, Directeur Général Adjoint France et Vice-Président de l'activité Wireless chez Huawei s'en défend. L'arrivé de l'équipementier est prévue de longue date et répond à une vraie stratégie.
R&T : Que va donc faire Huawei à Lannion ?
Gaston Khoury : Nous ouvrirons en avril/mai un centre de R&D. Nos équipes vont travailler sur les réseaux fixes, adsl et haut débit. Nous adaptons nos produits au marche Français. Nous nous rapprochons de nos clients Français, pas uniquement de France Télécom. Nous avons choisi Lannion car c'est une zone d'emploi de haute technologies. Nous avons aussi des partenaires en Bretagne. Pour le moment, une vingtaine de personnes vont travailler dans le Trégor ; équipes composées de Français, dont des Bretons, et de Chinois. En fonction de l'activité, nous développerons le centre.
R&T : En cette période trouble chez Alcatel-Lucent, votre implantation est vécue comme une provocation. Des commentaires ?
G. K. : Ce n'est pas une provocation, c'est un hasard de calendrier. La décision n'a pas été prise en 24h. Elle a été mûrie depuis plus de 9 mois. Nous avons décidé d'investir dans ce centre, cela correspond à une vraie stratégie industrielle.
Nous allons ouvrir un autre centre à Paris, plus axé sur les technologies mobiles.
Huawei comptabilise 150 personnes en France. Suivant notre développement, nous envisageons d'atteindre 500 salariés d'ici 3 à 5 ans. Nous ferons appel à toutes les compétences, y compris locales.
R&T : Sur quelles gammes de produits montez-vous en puissance ?
G. K. : Nous suivons les besoins de nos clients opérateurs. Huawei dispose d'une réelle avance technologique dans la transmission, l'adsl et les technologies IP. Nous fournissons par exemple Free, Neuf Cegetel et SFR en équipements optiques. Nous nous développons en fonction des opportunités.
R&T : Que pensez-vous du groupe de travail du gouvernement sur l'avenir de la filière télécom ? Craignez-vous des mesures protectionnistes ?
G.K. : En tant que Français, je suis favorable à ce groupe de travail. J'estime que l'on peut penser différemment l'emploi en France. Par notre action d'implantation en région et à Paris, nous contribuons au développement de l'emploi. La moitié de nos effectifs sont composés de Français. Je ne crains pas les décisions du groupe de travail, il n'est pas une menace pour Huawei.
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