La police française arrête une horde de dangereux hackers
Plus de 40000 fichiers pirates, des dizaines de personnes arrêtées, tout un réseau sous les verrous... la police française serait parvenue, si l'on en juge l'importance qu'en donnait France Info ce matin, à mettre la main sur un réseau digne des descendants d'Al Capone et de Lucky Luciano réunis, bande connue sous le nom de Utopi-board.com. En fait de cybermalfrats, on ne rencontrerait, sur les quelques 25 personnes suspectées par l'enquête, que quelques mères de familles, 13 mineurs se prenant pour de redoutables successeurs de Kevin Mitnick et les « sysops » du forum de discussion, plus connus sous les pseudos de Djoul, Tony, Benenutz et Sleeck. Le serveur, aux dires d'autres « sysop » de sites semblables, aurait servi de plateforme d'échange à des images pédophiles et à des films piratés. Des actes de délinquance, cela ne fait aucun doute, mais de « petite » délinquance qu'il ne faut ni minimiser, ni monter en épingle. Les élections, que diable, ne débuteront pas avant l'année prochaine. Tout çà ressemble donc plus à une « démonstration de force » visant à montrer que les autorités ne souhaitent pas plaisanter avec les sites WarEZ situés sur le territoire français. Que le butin saisi soit important ou non n'a strictement aucune importance. L'action de la police parait porter ses fruits, aux dires même de certains Webmestres, dont celui de BoardCS, lequel dresse la liste des derniers hébergeurs WarEZ ayant fermé leurs ports 80 et annonce l'occultation de ses propres activité. La peur du gendarme est parfois salvatrice. Précisons enfin que le premier « texte d'un site » mentionné par le webmestre de BoardCS est en partie identique à celui que l'on trouvait sur la page de garde de Utopi-Board.com du temps de son activité. Un laïus qui fait référence à un soi-disant code 431.322.12 de l'Internet Secret Acte signé par Bill Clinton en 1995. Cette citation, navrante de crédulité, montre à quel point l'affaire Utopi-board est pilotée par des gamins totalement irresponsables. Non seulement il faut être bien peu subtil pour croire qu'un texte de loi américain peut s'appliquer en France -et entraver la moindre action du Befti par le seul affichage d'un fichier TXT sur une page de garde -, mais en outre jamais l'Administration Clinton n'a, en 1995, pondu le moindre « Code 431.322.12 of the Internet Privacy Act ». Cette espèce de légende urbaine constitue même une sorte de signe de reconnaissance facilitant le travail de nos cyberpoliciers lors de leurs chasses aux diffuseurs de MP3 pirates. Avis à la population des admin's amateurs francophones souhaitant ne pas passer l'été à l'ombre : ce disclaimer veut clairement dire « Ici, monsieur l'Agent, on y trouve du WarEZ ». Allez, un bon « Format C:/U », on n'en parle plus et on s'achète une conduite. Promis ?