Le crime n’aime pas Mozart

le 11/08/2005, par Marc Olanié, , 477 mots

Pour diminuer notablement les agressions dans les parkings, il suffit d'y distiller de la musique classique. Un peu de Beethoven dans les supermarchés, et les pertes pour « démarque inconnue » sont en chute libre. Les pickpockets fuient Khatchatourian dans les halls de gare, et les agressions dans le métro londonien régressent de 33% dès que retentit le deuxième mouvement du Miserere Mei d'Allegri. C'est du moins ce qu'assure ce papier de Scott Timberg, de l'Associated Press, publié notamment par le New Mexican. Se pose alors la question du ROI : jusqu'à présent, les lieux publics étaient confits de « musak », pièces musicales d'un intérêt impérativement nul, permettant au consommateur de consommer sans trop se sentir agressé par le brouhaha ambiant. Et si l'on parlait alors de musique classique, c'était sur les accents du Rondo Veneziano ou de Richard Clayderman : 1 tiers de violon, 1 tiers de piano, 1 tiers de sirop, garanti 0% de matière grise et surtout aucune note piquée. Si l'on remplace cette musak par les accents glorieux de la Belle Hélène ou les envolées de Jesus, que ma joie demeure, les « ménagères de moins de cinquante ans » vont-elles délaisser le rayon fruits et légumes ? Lutter contre le crime, c'est bien, mais entamer le chiffre d'affaires, voilà qui semble moins passionnant pour les tâcherons de la marge bénéficiaire. L'on peut également se demander si ce principe ne peut être étendu au secteur informatique en général. Afin d'éviter les defacement, les pages Web des grandes entreprises pourraient s'ouvrir avec un fichier Midi signé Haydn. Pour l'intranet « hot line », aucune hésitation : les 4 saisons de Vivaldi... les mêmes qui passent en boucle sur le standard téléphonique, histoire de ne pas désorienter l'utilisateur habitué aux attentes légèrement prolongées. La Missa Solemnis de Beethoven dans les salles machines, voilà qui ferait bien mieux passer la pilule à ce même service « hot line », surtout après le 35eme appel de la journée déplorant un oubli de mot de passe (ou un mail qui ne marche pas). L'équipe de maintenance de premier niveau -changement de PC, interventions urgentes sur poste etc- s'abonnerait à la Cavalerie Légère de Suppé la Chevauchée des Walkyries de Wagner, voir le Marteau sans Maitre de Boulez. Le service sécurité, quand à lui, écouterait en boucle Diabolico de Kabelac, et la DRH Plus près de Toi, mon Dieu de Mason, tandis que les centaines d'usagers tapoteraient leurs claviers sur les accents de la L'entrée des Gladiateurs de John Philip Sousa. Mais ce qui s'applique aux stations de métro et aux parkings -généralement avec une ritournelle lénifiante- n'est pas forcément efficace dans tous les lieux publics et avec toutes les musiques dites « classiques ». Le complexe Orange Mécanique, en quelque sorte. Que l'on tente, ne serait-ce que 10 minutes, de diffuser l'intégrale d'Atys de Lully ou les 14 variations sur le thème Goldberg en boucle, même par Casals, et l'on comptera quelques meurtres de fonctionnaires. La musique adoucit parfois les moeurs.

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