Le cruel retard de la France dans l'aménagement numérique de son territoire

le 09/07/2012, par Quentin Renard, Fibre optique, 604 mots

La France est en retard dans l'aménagement numérique du territoire. C'est le constat des représentants des collectivités qui réclament une politique pilotée par l'état faisant participer le privé et les collectivités. Au rythme actuel, il faudrait attendre 2040 pour couvrir en fibre optique 60% de la population, selon l'Idate. 

Le cruel retard de la France dans l'aménagement numérique de son territoire

Durant les Assises du Très Haut Débit le 9 juillet 2012, Alain Lagarde, président du syndicat mixte de développement du haut débit dans le Limousin DORSAL, a souligné ce qu'il nomme « le cruel retard » de la France dans sa politique numérique qui est, selon lui, « un échec ». Ainsi, il rappelle qu'aujourd'hui, le numérique ne pèse que 3,2% dans le PIB français contrairement à 13% dans le PIB en Grande Bretagne. 

Afin de réussir ce changement, il est donc nécessaire de « réussir l'aménagement numérique de nos territoires » avec la fibre optique ajoute Alain Lagarde, qui précise que l'on ne fera pas de « télétravail, de la e-santé, de la culture et le tourisme si nous n'avons pas le haut débit d'ici dix à quinze ans dans les territoires ruraux ».

Afin de financer la fibre optique, il estime nécessaire que le fonds d'investissement soit alimenté « par les bénéfices réalisés sur le réseau cuivre jusqu'à son extinction ». Actuellement, au niveau national, seuls 1,6 million de logements sont fibrés et seulement 500 000 logements accèdent chaque année à la fibre optique selon les chiffres de l'Arcep.

A cette vitesse, « il faudrait attendre 2020 pour fibrer l'intégralité des zones très denses » pointe Pierre Michel Attali, responsable du pôle Réseaux et collectivités locales de l'Idate, institut d'analyse du secteur des télécoms.

Photo : Alain Lagarde - Conseiller Régional et président du syndicat Mixte DRORSAL (D.R)



Il ajoute qu'en outre, à ce rythme il faudra « attendre au moins 2040 pour atteindre l'objectif fixé aux opérateurs de fibrer 60% de la population. » Pour rappel, Stéphane Richard, PDG de France Télécom a pour objectif de déployer la fibre optique pour 60% de la population d'ici 2020. Ce qui donne un décalage de 20 ans entre les deux estimations. 

Dès lors, Alain Lagarde estime qu'il faut « un pilotage public stratégique fort, qui allie Etat et Collectivités, car on ne peut le laisser le déploiement du numérique aux mains du privé ».

A ce titre, l'Idate estime à « 6 millions le nombre de logements fibrés par les collectivités, » chiffre Pierre Michel Attali, grâce « à une intervention des pouvoirs publics ».

Quant à Gilles Quinquenel, Président de la commission « communications électroniques » à la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR), il affirme que « ce sont les collectivités qui sont aménageurs du territoire ».




Il affirme que les Français auront « besoin de la fibre optique partout » car la fibre apporte « d'autres usages que le simple accès à internet ». Il prend exemple sur le secteur de la e-santé, de la Téléconsultation, de la surveillance pour lequel la fibre optique pourra être une des solutions face au désert médical.

En accord avec les propos d'Alain Lagarde et Pierre-Michel Attali, Gilles Quinquenel estime nécessaire que « l'Etat confirme une position stratégique dans le déploiement du très haut débit fixe et mobile sur tout le territoire ».

Il n'hésite pas à déclare qu'en termes de financement public, « il faut d'abord inégal pour être juste » en pensant qu'il faut d'abord développer la fibre optique dans les territoires peu denses où le déploiement est plus cher. Selon lui, « la mutualisation et la péréquation des réseaux sont incontournables dans le déploiement du numérique ».

En guise de conclusion, Alain Lagarde ajoute que le très haut débit a permis au Limousin « d'augmenter le nombre de ses habitants » et rajoute, défaitiste que si les investissements ne sont pas faits dans le très haut débit, « la population baissera à nouveau dans le Limousin d'ici dix à quinze ans ».

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