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Le DHS se méfie des RFID


Edition du 26/05/2006 - par Marc Olanié

Le principal promoteur des étiquettes RFID, le Homeland Security Department, vient d'émettre un avis plus que défavorable à l'encontre de cette technique lorsqu'elle est utilisée pour identifier non pas du matériel stocké mais des êtres humains. Ce rapport préparatoire a été publié avant-hier par le département du DHS chargé de la préservation de la vie privée. « Il ne faut surtout pas que ces étiquettes intelligentes puissent servir à surveiller et étudier le comportement humain » s'inquiètent les experts. Des experts qui regardent d'un oeil suspicieux la généralisation des systèmes d'interrogation à distance prévus pour le « visa laser » (ou RFID longue distance) instaurés à la frontière Mexicano-US, les papiers de transit des chauffeurs routiers, les cartes d'identité pour voyageurs fréquents américains Secure Electronic Network for Travelers Rapid Inspection (Sentri), les cartes de frontalier Canadiens Nexus, et les passeports RFID que l'administration Bush a quasiment imposé au reste du monde, Europe y compris. «Dans la plupart des cas, il serait tout à fait possible de remplacer ces RFID par de simples cartes « sans contact », telles que celles utilisées par les portillons automatiques.

Ce cri d'alarme d'un département du DHS est poussé peu de temps après un article assez complet de Wired sur le hacking des RFID. Les habitués n'y apprendront pas grand-chose, puisque l'acteur principal de la pièce n'est autre que Jonathan Westhues, le hacker de « smart tag ». Westhues, tout comme le DHS, ne critiquent pas les RFID à proprement parler, mais l'usage abusif, anarchique et inapproprié de cette technologie, parfaitement adaptée au suivi des colis, dépourvue de fiabilité et de sécurité si l'on veut en faire une « preuve d'identité ». Ajoutons que le fait de savoir les RFID falsifiables peut être considéré comme une limite volontaire à toute dérive bigbrotheriste. C'est du moins ce qu'auraient pensé nos parents et grands-parents dans le maquis Vercors. Mais si l'on accepte, avant même sa généralisation, l'idée que la future pièce d'identité biométrique doit être imparfaite pour des raisons légitimes et liées à la préservation des libertés individuelle, on se demande alors pourquoi l'avoir rendue obligatoire.

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