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 Le FTTH en France, c'est le règne du chacun pour soi. Jusqu'à quand ?
Edition du 01/05/2008 - par Jean Claude Streicher
Les déploiements en fibre optique jusque chez l'abonné (FTTH) en France se caractérisent jusqu'ici par le triomphe du chacun pour soi. Et l'autorité de régulation, l'Arcep, ne peut intervenir qu'à la marge.
... estime que « Le PON empêche le dégroupage à la façon du cuivre. France Telecom devrait dégrouper les fibres, mais l'Arcep ne lui demande que de permettre un accès à ses fourreaux ». Neuf Cegetel enfonce le même clou : « Orange a fait le choix d'une technologie non dégroupable au NRO, associée au choix d'un point de mutualisation situé très en aval dans le réseau, en pied d'immeuble. C'est une redoutable protection de sa boucle locale optique contre toute tentative de régulation future. Le choix de la technologie PON par l'opérateur historique rendra vaine toute tentative de régulation « ex-post » d'une offre de fibre passive ». Ce à quoi il faut ajouter ce que déclarait Maxime Lombardini, directeur général de Free, au Figaro : « Les solutions techniques d'Orange et son refus de collaborer avec les autres opérateurs font courir un grave risque de retour au monopole ».
Encore d'autres choix techniques chez Numericâble
Neuf Cegetel, lui, adoptait un positionnement médian. Il a racheté coup sur coup le FAI palois Médiafibre (qui utilise une technologie en point à point) et l'opérateur parisien Erenis, qui exploite un raccordement en FTTC prolongé en VDSL dans les appartements. Selon les contraintes locales, Neuf Cegetel sera donc en point à point ou en Gpon, se voulant avant tout un distributeur de services. Ses boucles optiques seront conçues, construites et maintenues par Alcatel-Lucent. Numéricâble, qui a fusionné tous les câblo-opérateurs hexagonaux, a encore fait un choix différent. Il fera du FTTB ou du FTTLA (Fiber To The Last Amplifier), où seul le dernier segment restera en câble coaxial, son média privilégié depuis ses origines. Ceci dit, tous les opérateurs se sont dépêchés de démarrer les déploiements, en se partageant tacitement les zones urbaines denses les plus prometteuses.
La course contre la montre
Ils déploient au plus vite, en profitant des droits de passage que leur fournissent les égouts visitables et dont les adductions jusqu'en pied d'immeuble sont aisées. Et depuis ces pieds d'immeuble, ils se hâtent également de construire les colonnes montantes. Surtout Orange, qui est mieux accueilli dans les copropriétés. Dès octobre 2007, l'UFC-Que choisir dénonçait cependant cette course à la fibre, en-dehors de toute obligation de partage ou de mutualisation. « Le FAI se met en situation de monopole dans l'immeuble qu'il a câblé. Il peut pratiquer les prix qu'il veut. Pour changer d'opérateur, il faudra déménager, tempête l'organisation de défense des consommateurs. Aussi, l'UFC-Que Choisir conseille-t-elle aux copropriétés d'attendre la clarification ...
Des déploiements à marches forcées dans les zones à forte densité de populationA fin 2007, Free affirmait disposer à Paris de 30 000 fibres activées pour 500 000 foyers raccordables. Neuf Cegetel a engrangé les 50 000 logements raccordables d'Erenis. De plus, la DSP obtenue auprès du Sipperec (qui regroupe 13 communes de la région parisienne) concernera 20 000 logements dans les 24 premiers mois. L'opérateur participe au groupement retenu par le conseil général des hauts de seine. Son accord avec l'Opac concerne 100 000 foyers à Paris (réalisation prévue en 2008 et 2009). Un partenariat avec Numéricâble lui ouvre 140 000 foyers. Ses projets sont en cours à Toulouse, Rennes, Bordeaux, Strasbourg et le Grand Nancy. Il annonce 130 000 foyers raccordés à la fin de 2007, pour 20 000 abonnés. L'opérateur s'est donné un objectif de 250 000 prises activées à la fin de 2009 pour un million de prises raccordables. Numéricable vise pour sa part un parc de 4 millions de logements raccordés à la fin de 2008, puis de 7,5 millions à la fin de 2009. Il louera ses fibres en excédent, et non pas seulement ses fourreaux. Face à ses concurrents, Orange tente de se faire passer pour un nouvel entrant comme les autres. A fin 2007, il revendiquait 146 000 logements raccordables et 7 268 clients et prévoit 150 000 clients raccordés à fin 2008 pour un million de foyers raccordables.
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