Les entreprises méfiantes face aux prochaines étapes de la ToIP - Actualités RT IPBX

Les entreprises méfiantes face aux prochaines étapes de la ToIP

le 28/02/2008, par Jean Claude Streicher et Jean Pierre Blettner, IPBX, 991 mots

Lorsque les entreprises témoignent sur la téléphonie IP, elles évoquent la facilité de déménagement ou la réduction des coûts du câblage. Mais les étapes suivantes que sont le trunking IP, SIP, la convergence fixe-mobile ou le Centrex posent encore problème.

Les entreprises méfiantes face aux prochaines étapes de la ToIP

Si la téléphonie sur IP se banalise dans les entreprises, l'adoption d'évolutions supplémentaires marque le pas lorsqu'il s'agit de passer à l'externalisation en mode Centrex, de standardiser les communications autour de SIP ou de s'interfacer en IP avec l'opérateur grâce au trunking IP. "Les entreprises qui ont vu les économies qu'elles pouvaient réaliser grâce à la voix sur IP - en particulier sur les communications entre leurs sites - ont calculé leur retour sur investissement et ont sauté le pas, analyse Xavier Martin, Vice Président marketing stratégique de Alcatel-Lucent, division entreprise. De manière générale, les bénéfices de la ToIP s'analysent au cas par cas car il existe de nombreux freins à son adoption. La liste est longue : les combinés IP sont coûteux, l'intéropérabilité n'est pas garantie entre des équipements de diverses origines, la disponibilité du réseau doit être assurée, il existe des craintes sur la sécurité, il faut alimenter électriquement les téléphones, il existe une distance d'éloignement maximal de 100 mètres à cause des contraintes des réseaux Ethernet, etc, ... Gagner du temps lors des déménagements Pour autant, certaines entreprises y trouvent leur compte. Plusieurs d'entre elles se sont exprimées lors d'une table ronde organisée par l'ebg (Electronic Business Group), début février. Exemple, Oscaro.com, un site de vente en ligne de pièces automobiles d'origine, situé à Paris. "Nous ne voulions plus recâbler les postes téléphoniques à chaque réorganisation ou à chaque recrutement, explique Damien Roland, le DSI d'Oscaro. Cette PME de 60 personnes a donc fini par adopter un IPBX, "un vrai soulagement" selon le DSI. L'un des cinq informaticiens de son équipe s'est formé à la gestion des changements, qui sont donc opérés désormais en interne en quelques clics, sans devoir recourir à un coûteux intervenant extérieur. "Nous avons gagné en autonomie et en visibilité". Et la masse salariale des télé-opérateurs a pu être bien maîtrisée. Photo : Centre d'appels - Rapho/France Telecom Des économies de câblage Autre cas, le quotidien Les Echos s'est installé dans l'ancien immeuble du Crédit Lyonnais, à Paris. Grâce à ce changement de locaux, il a pu passer à la téléphonie sur IP « en très peu de temps » indique Xavier Mangin, son DTSI. A la clé une grosse économie sur le câblage, puisque les postes de travail sont raccordés au téléphone. Mille cent lignes ont suffi pour 600 postes, alors qu'en téléphonie traditionnelle il aurait fallu en prévoir près de 2 000. Les armoires de brassage sont aussi deux fois moins nombreuses et plus petites. Des postes IP un peu plus chers qui perdent la tonalité Si le PABX et l'IPBX sont d'un coût comparable, en revanche les postes téléphoniques IP sont un peu plus chers que les combinés traditionnels. Leurs fonctionnalités ont dû être bridées, mais leur appropriation a été aisée, puisque leurs menus ressemblent à ceux des téléphones mobiles. Les postes des secrétaires, en revanche, auraient besoin d'une extension. Seule ombre au tableau : ces postes perdent parfois la tonalité sans explication. S'assurer de la sécurité contre les hackers Pour sa part, la Coopérative du syndicat général des vignerons (CSGV) d'Epernay est une pionnière. Elle emploie 180 personnes et avait franchi le pas très tôt, sans pouvoir s'appuyer encore sur un manuel de migration. Particularité, sa téléphonie sur IP est pilotée à partir d'un serveur informatique sous MVS. Philippe Mengual, le DSI de la CSGV, s'en félicite. Il profite ainsi d'une sécurité intrinsèque, puisque le protocole Decnet propre aux systèmes MVS est ignoré des hackers. Des craintes face au Centrex et au trunking IP Des évolutions sont-elles prévues dans ces entreprises au-delà de l'adoption de la téléphonie sur IP ? Le site de eCommerce Oscaro, qui a déjà externalisé toutes ses applications, hésite à passer au Centrex IP, de peur de perdre sur la qualité des lignes téléphoniques. Toujours pour la même raison, son DSI, Damien Roland, reste fidèle au raccordement de son IPBX au réseau de l'opérateur en très traditionnel T2 sans opter pour un raccordement en 100% IP, également appelé « trunking IP ». Mêmes réserves au journal Les Echos, dont le DTSI n'a pas adopté un « trunking IP » vers l'opérateur et s'est gardé de généraliser le Centrex IP, même après une adoption partielle. La Coopérative d'Epernay, pour sa part, a connu une expérience désastreuse avec le boîtier Neuf Pass de l'opérateur Neuf Cegetel. Les dialogues SIP étaient défectueux Ce boîtier est en fait un IPBX de petit format. Son logiciel de dialogue avec le réseau de l'opérateur en protocole SIP (Session Initiation Protocol) n'était pas stabilisé et ne fonctionnait pas correctement. Reste la dernière innovation en matière de télécoms : la convergence fixe-mobile. La Coopérative qui avait tenté d'utiliser l'offre de Neuf Cegetel en la matière a subi cinq jours d'interruption de service qui ont coûté fort cher en pénalités à l'opérateur. Quant aux Echos, le DTSI Xavier Mangin s'interroge même sur l'intérêt de la convergence fixe-mobile. "Les journalistes ne veulent pas recevoir sur leur mobile les appels arrivés sur leur poste fixe,lâche Xavier Mangin. Quoiqu'il en soit, l'adoption de la convergence fixe-mobile devrait prendre du temps. Attendre la fin de vie des PABX L'offre chez SFR ou chez Bouygues Télécoms, repose sur des services de Centrex IP. « Il faut attendre la fin de vie du PABX de l'entreprise pour qu'il y ait migration, estime fataliste, le responsable de ce type d'offre chez un opérateur mobile. Quant à SIP, nombre d'experts estiment que le protocole demeure trop léger face aux besoins de la téléphonie et sujet à trop d'interprétations pour que l'intéropérabilité soit assurée. Quant au trunking IP, il est récent chez les opérateurs et encore peu répandu. Enfin, la téléphonie sur IP n'apparaît que comme une étape vers des outils plus évolués : les communications unifiées, qui devraient réellement modifier les modes de travail et de collaboration dans l'entreprise.

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