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Les spywares de plus en plus installés sur les mobiles

Les spywares de plus en plus installés sur les mobiles

Edition du 02/12/2011 - par Serge Leblal avec IDG News Service


En 2003, Atir Raihan a commencé à travailler sur un produit qui a contribué à semer la zizanie dans l'industrie de la sécurité mobile. Son idée de départ était simple : créer un spyware pour téléphones portables qui permettrait aux utilisateurs de confondre un conjoint en faute.



« Je me souviens, il y a huit ans, je buvais un verre avec des amis et je leur ai parlé de ma situation personnelle. Il s'agissait d'une histoire d'infidélité avec une ancienne petite amie », a expliqué Atir Raihan. N'aurait-il pas été intéressant, poursuit-il, qu'une technologie puisse permettre d'aller au fond des choses ?


En voyant là l'occasion de développer une opportunité commerciale, ainsi qu'un moyen de régler son dilemme personnel, et Atir Raihan a installé en Thaïlande son entreprise baptisée Flexispy pour développer un produit du même nom capable de traquer secrètement les appels et les messages texte envoyés à partir d'un téléphone mobile. Flexispy ne peut pas être installé à distance, de sorte que l'utilisateur doit mettre la main sur le téléphone et télécharger le logiciel sur l'appareil. Une fois installé, le programme enregistre tous les messages texte et les appels sur l'appareil. Il peut aussi permettre d'écouter une conversation à distance et d'utiliser le circuit GPS pour suivre en temps réel la localisation d'une personne.

Des produits de plus en plus nombreux

Depuis sa sortie en 2004, des produits similaires ont surgi comme Mobile Spy, qui est présenté comme un moyen d'espionner ses enfants et ses employés, et MobiStealth, destiné aux parents, aux dirigeants et aux forces de police. Alors que ces produits sont utilisés dans le monde entier, ils semblent tout particulièrement avoir ciblés la Chine. 10 000 utilisateurs environ sont «infectés» chaque mois par Flexispy, estime Zou Shihong, vice-président de NetQin, une société spécialisée dans la sécurité mobile.


Dans un petit échantillon mensuel des clients chinois de la compagnie, 1 000 utilisateurs se sont retrouvés piégés par Flexispy sur leurs téléphones, précise M.Zou. En revanche, l'entreprise n'a trouvé que 300 cas sur un même échantillon de clients, mais aux États-Unis, selon l'entreprise.

Des question éthiques et juridiques se posent quant à l'usage


Des produits comme Flexispy suscitent bien évidemment des questions d'ordre éthique et juridique. Et comme, il n'est pas illégal dans la plupart des pays d'acheter un tel logiciel, certaines personnes peuvent être tentées de l'utiliser en toute illégalité cette fois. Sans une ordonnance du tribunal, les écoutes téléphoniques sont en effet illégales dans la plupart des pays. L'altération du téléphone d'une personne est également un délit. « Ces produits violent la vie privée », a déclaré Zhang Qiyi, un avocat chinois, où le gouvernement a tenté d'interdire Flexispy avec un succès mitigé.


Une fois le programme installé sur un terminal mobile, les données sont secrètement acheminées vers un serveur exploité par Flexispy. L'utilisateur peut se connecter au serveur pour lire les messages texte et consulter le journal des appels. Le logiciel peut également activer le micro du téléphone, de sorte qu'il peut être utilisé comme un moyen d'écouter les conversations à proximité.

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