
Les SSII françaises en ont pour 4 ans à se remettre de la crise
Edition du 08/06/2010 - par
Depuis 2007, le cabinet d'analystes IDC France publie une étude régulière sur l'activité des SSII. Sa synthèse pour l'année 2009 met en lumière toutes les conséquences de cette année qui fut une « annus horribilis » comme aurait regretté la reine d'Angleterre.
Dans son étude sur les SSII françaises, l'institut IDC isole les plus grandes d'entre elles, soit 22 en tout qui réalisent 50% du chiffre d'affaires de toute la profession. Les 4 premières comptent même pour 20% du marché.
Cette concentration aura eu des conséquences puisque les grandes SSII ont plus souffert en 2009 que les "petites". Ces "22" affichent collectivement une baisse de chiffre d'affaires de 6,4%, tandis que les petites structures subissent une baisse de 4,7%.
Explication : les grandes SSII sont davantage liées aux grands comptes, elles s'adressent à un nombre limité de clients, elles sont plus dépendantes et même fragilisées quand ceux-ci restreignent leurs budgets. A contrario, les petites structures évoluent dans un éco-système de PME de proximité, avec peu de grands projets IT, concentrés sur les investissements dont elles ont immédiatement besoin. Diminuer ces investissements, déjà limités au minimum, n'a pas de sens. Les chiffres d'affaires des petites SSII sont donc, mais tout est relatif, moins affectés.
La crise date du 2ème trimestre 2009
La crise s'est également fait sentir de manière différente dans le temps. Le 1er trimestre 2009 a été positif, les SSII ont exécuté les commandes passées fin 2008. A partir du deuxième trimestre 2009, elles ont vécu de plein fouet l'impact de la crise, avec les réductions et les reports de budgets des grands comptes. Conséquence : elles ont restreint leurs coûts à tout prix, réduisant par exemple les effectifs, pour mieux traverser la crise. Un an après, plusieurs SSII embauchent, pour exécuter les contrats en cours ou à venir. Est-ce que ce sera suffisant pour parler de reprise ?
Le 1er trimestre 2010 a été moins bon que prévu remarque Franck Nassah, consulting manager chez IDC France, ce qui laisse interrogatif pour les reste de l'année. 2010 sera « plat » pour les SSII en France prévoit IDC. Comparativement, en Europe, seule l'Allemagne devrait garder la tête hors de l'eau avec une croissance légèrement inférieure à 1% pour ses SSII. L'Italie et l'Espagne seront en décroissance.
« Le retard se rattrapera en 3 ou 4 ans, analyse Franck Nassah, les investissements en services réalisés en 2008 ne retrouveront leur niveau qu'en 2012. » 2010 étant « plat », 2011 marquera un début de reprise, elle ne sera effective qu'en 2012.
Illustration D.R.
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