Mega déjà mis en cause pour violation de propriété intellectuelle - Actualités CSO Actualités

Mega déjà mis en cause pour violation de propriété intellectuelle

le 30/01/2013, par Véronique Arène et IDG News Service, Actualités, 832 mots

Mega déjà mis en cause pour violation de propriété intellectuelle

Le site de stockage et de partage de fichiers Mega a supprimé du contenu violant la propriété intellectuelle le  jour où il a reçu un avertissement pour violation de copyright, assure son avocat.

Mega, le service de  stockage et de partage de fichiers a reçu 150 avertissements pour violation de copyright depuis son récent lancement. Son fondateur Kim Dotcom a fait croître une autre activité à risque, tout en étant mis en accusation par les procureurs américains pour avoir lancé le site Megaupload. Par ailleurs, un site web français propose déjà des liens vers des contenus stockés sur Mega, dont des fichiers supposés être le film «Django Unchained", la suite bureautique Microsoft Office et la chanson d'Elton John, «Bennie and the Jets».

Le site, qui a été lancé le 20 janvier, permet aux internautes de stocker gratuitement 50 Go de données cryptées. Ce contenu, qui peut être partagé entre les utilisateurs via un lien, peut également être déchiffré à l'aide d'une clé de cryptage.

Mega a été développé en gardant l'oeil  sur les allégations de contrefaçon de droit d'auteur dont Megaupload a fait les frais, et qui a été fermé en janvier 2012. Puisque le contenu téléchargé est crypté, Mega ne peut pas déterminer ce que contiennent les fichiers stockés. Mais il devra supprimer le contenu sur réception d'une notification valable de violation de copyright.

Supprimer ou bloquer le contenu

Ira P. Rothken, l'un des nombreux avocats de Mega et Megaupload, a déclaré ce mercredi que le service avait rapidement réagi aux notifications de violation du droit d'auteur, et que cela incluait son aide pour rétablir certains avis incomplets ou défectueux. « Mega ne veut pas les utilisateurs recourent à ses services de stockage dans le cloud à des fins illicites», a assuré l'homme de loi dans un email. 

Aux États-Unis, les fournisseurs de services peuvent recevoir des notifications de violation de copyright dans le cadre du Digital Millennium Copyright Act (DMCA). S'il  est valide et présenté sous la bonne forme, le prestataire de services est tenu de rapidement supprimer ou bloquer le contenu. Ira P. Rothken a déclaré que les 150 demandes, qui concernent 250 fichiers, provenaient des États-Unis ainsi que d'autres pays. Plusieurs d'entre eux, dont les Etats-Unis, ont des dispositions de protection des donnée  appelées "safe harbor" dans leurs lois sur le copyright, qui exonèrent les fournisseurs de toute responsabilité tant que le contenu illicite est supprimé.

Mega ne propose pas de fonction de recherche pour trouver des fichiers stockés par d'autres utilisateurs. Mais il semble au moins qu'un site web cherche à collecter des liens vers des contenus stockés sur Mega pour permettre aux utilisateurs de se connecter plus facilement à d'autres personnes et leurs fichiers. Mega-search.me dispose d'un moteur de recherche. Une requête pour le dernier film de Quentin Tarrantino, le "Django Unchained", a donné lieu à une multitude de liens qui sont supposés mener au film. Le site contient une bannière publicitaire.

Plus de 2 000 liens vers du contenu Mega
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Photo : Le site français Mega-search.me revendique 2 000 liens vers Mega.

Plus de 2 000 liens vers du contenu Mega


Dans l'acte d'accusation contre Megaupload, les procureurs ont allégué que ses exploitants avaient généré plus de 150 millions de dollars en souscriptions et au moins 25 millions de dollars de revenus publicitaires sur le dos d'un commerce florissant de contenu placé sous la protection du droit d'auteur.

Mega-search.me fonctionnait normalement ce matin, malgré quelques faibleses passagères. Quatre jours seulement après le lancement Mega, Mega-search.me se vantait d'avoir  hébergé plus de 2 000 liens vers du contenu Mega. Plusieurs tweets du site sont en français, et d'autres en anglais et en italien. L'enregistrement du nom de domaine est privé et son hébergeur en France semble être OVH. On n'a pas pu établir immédiatement les raisons pour lesquelles le site s'est trouvé en difficulté.

Une analyse de la structure du réseau Mega-search.me, effectuée ce matin, a montré à un moment qu'il utilisait les services de CloudFlare, une société basée à San Francisco qui fournit un réseau mondial de centres de calcul destiné à accélérer la livraison de pages web et réduire la bande passante. Mais il est ensuite apparu que le service avait cessé d'utiliser l'infrastructure de CloudFlare. Matthew Prince, PDG de l'entreprise, a déclaré dans un e-mail  que si Mega-search.me se servait auparavant de son service, il  n'était pas au courant.

«Si actuellement, Mega-search.me n'utilise pas CloudFlare ce n'est pas du à une action de notre part », a-t-il assuré. CloudFlare est un site gratuit sur lequel les utilisateurs peuvent s'inscrire. Cependant, selon les termes de son service,  CloudFlare avertit qu'il mettra fin au service si un site web enfreint la loi.

S'agissant de la violation de copyright, Ira P. Rothken soutient que Mega est un fournisseur de stockage dans le cloud similaire au service vidéo de Google, YouTube. Pour lui, les services de stockage de fichiers s'appuient sur des technologies à double usage qui peuvent être utilisées à la fois de façon légitime et illégale.


Photo : Le site français Mega-search.me revendique 2 000 liens vers Mega.

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