NSA et FBI espionneraient la vie privée via les services en ligne américains - Actualités RT Régulation télécoms

NSA et FBI espionneraient la vie privée via les services en ligne américains

le 07/06/2013, par Véronique Arène et IDG News Service, Régulation télécoms, 784 mots

Selon le Washington Post et le Guardian, l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et le FBI auraient eu accès aux données privées de neuf géants américains du Net, parmi lesquels Microsoft, Yahoo, Google et Facebook, pour y surveiller les activités d'étrangers.

NSA et FBI espionneraient la vie privée via les services en ligne américains

Voici une affaire qui va encore faire du bruit en matière de violation de la vie privée. La NSA, l'agence nationale de sécurité américaine et le FBI  auraient eu accès aux serveurs de Google, de Facebook et d'autres acteurs importants du web  pour consulter des fichiers audio et vidéo, des  courriers électroniques et d'autres contenus, ont révélé hier le Washington Post et le Guardian.

Cette surveillance a été mise en place dans le cadre d'un programme secret baptisé   PRISM, qui a été lancé en 2007 pour enquêter sur les activités des étrangers pouvant constituer une menace sur le territoire américain. Selon les deux quotidiens, la plupart des principaux services sur Internet, parmi lesquels Microsoft, Yahoo, Skype, Apple et AOL, ainsi que Google et Facebook, auraient sciemment participé à cette opération.

 Les abonnés de Verizon sous surveillance

 « Ce programme facilite une surveillance vaste et approfondie des communications  en direct et des informations stockées », a révélé le Guardian. Le document obtenu par le journal britannique fait référence à «une forte croissance» de ce programme au cours des dernières années, avec une mention spécifique sur la croissance «exponentielle» de son utilisation sur les serveurs de Skype, par exemple.
Les révélations du Post ont été réalisées suite à l'envoi d'une présentation PowerPoint sur PRISM par un officier des renseignements. Le document, qui est récent, est daté d'avril 2013.

Cette affaire sort le lendemain du jour ou le Guardian révélait que la NSA avait eu accès aux fichiers des abonnés de l'opérateur Verizon Communications, également à des fins de surveillance.

La NSA n'est pas autorisée à enquêter sur les citoyens américains. Le programme PRISM comporte des procédures pour éviter que les données des individus soient inclues dans la surveillance, mais ces procédures ne sont pas assez strictes, Les deux journaux ont précisé que les agences gouvernementales ne cherchaient pas à collecter  tous les contenus provenant des services sur Internet, mais que PRISM permettait aux agents de rechercher du contenu et de l'extraire de serveurs.

Le Congrès appelé à agir

« C'est une violation totalement injustifiée de nos droits constitutionnels », s'est indigné John Simpson, défenseur des droits des consommateurs au sein de l'association Consumer Watchdog. « Il n'existe aucune justification pour des attaques gouvernementales d'une telle ampleur. Les neuf entreprises qui ont participé à cet abus non constitutionnel devraient avoir honte d'elles-mêmes ».

De son côté, L'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union - ACLU)  a qualifié les allégations sur PRISM et les révélations sur Verizon d'alarmantes et appelé à une action du Congrès. «Les affaires révélées au cours des deux derniers jours montrent clairement que la NSA dispose désormais d'un accès direct à tous les recoins de la vie numérique des Américains », a dénoncé Jameel Jaffer, directeur juridique adjoint de l'organisation. « La surveillance gouvernementale non contrôlée représente une grave menace pour les libertés démocratiques », a-t-il ajouté.

Des accusations qualifiées d'inexactes

Des accusations qualifiées d'inexactes


Pour Laura Murphy, directrice du bureau législatif de l'ACLU à Washington. le Congrès doit ouvrir une enquête afin de découvrir pleinement la portée du pouvoir exercé par le gouvernement et ses obligations, et il faut adopter des « réformes qui protègent les droits des Américains en matière de vie privée et permettent un contrôle public et efficace de notre gouvernement ».

Certaines sociétés du Net supposées avoir participé à PRISM ont nié toute implication. C'est le cas de Facebook qui a qualifié ces accusations d'inexactes. « Nous ne fournissons à aucun organisme gouvernemental un accès direct à nos serveurs », a indiqué la compagnie dans un communiqué attribué au chef des agents de sécurité Joe Sullivan. « Lorsque notre réseau social est sollicité pour des données ou des informations sur des individus spécifiques, nous examinons attentivement toute demande de conformité avec toutes les lois applicables, et fournissons des informations uniquement selon l'étendue requise par la loi. ».

Google répond au cas par cas

« Yahoo prend la vie privée des utilisateurs très au sérieux », a pour sa part assuré un porte-parole de la plate-forme web. « Nous ne fournissons pas l'accès direct à nos serveurs, systèmes ou réseaux au gouvernement. »

Google a également indiqué qu'il examinait avec soin toutes les demandes sur les données des internautes. « De temps à autres, certains prétendent que nous avons créé des backdoors sur nos systèmes pour le gouvernement, mais aucun accès de ce type ne permet d'accéder aux données privées des utilisateurs », a affirmé la firme de Mountain View dans un communiqué.

Apple a lui aussi nié toute implication, affirmant qu'il n'avait jamais entendu parler de PRISM.

Un programme secret baptisé PRISM

Le programme secret, au nom de code "PRISM", est en place depuis 2007 et permet à la NSA de se connecter aux serveurs des entreprises, via un portail, pour consulter des informations sur des utilisateurs dont il existerait des éléments permettant de penser "raisonnablement" qu'ils sont à l'étranger, le tout sans ordonnance de justice.

La loi américaine protège ses citoyens d'une surveillance faite sans ordonnance, mais les personnes hors du territoire ne bénéficient pas de cette protection et peuvent être espionnées en toute légalité. Selon le journal, "les analystes qui utilisent le système sur un portail internet à Fort Meade (une base militaire près de Washington, ndlr) doivent entrer des sélecteurs, ou mots-clé de recherche, de façon à ce que la probabilité que la cible soit étrangère dépasse 51%".

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