
Prouver la valeur du système d'information par ce qu'il en coûte de son absence
Edition du 23/03/2009 - par
On peut tenter d'évaluer l'opportunité d'un projet informatique en calculant sa création de valeur, et en déduire son ROI. Ou, on peut évaluer combien il en coûterait de ne pas réaliser ce projet ou de subir des dysfonctionnements. Cette absence de projet s'évalue ainsi par la destruction de valeur qu'elle entraine.
Au contraire d'une démarche qualité classique, le « pilotage par la destruction de valeur » ne part pas d'un modèle théorique et des écarts constatés par rapport à ce modèle pour définir une méthode de rapprochement de la réalité de la théorie. Il s'agit bien de partir du terrain, de la réalité et de valoriser en euros, de façon compréhensible par la direction générale, les dysfonctionnements.
En rapprochant cette valeur du dysfonctionnement au coût d'un projet, on en constate la rentabilité, donc l'opportunité.
Marie-Noelle Gibon, ancienne DSI de La Poste branche courrier, est aujourd'hui à la tête de deux filiales de La Poste : Docapost et Certinomis. En juillet 2008, elle a initié une démarche de pilotage par la destruction de valeur et a commandé à Muriel Fally, directeur du contrôle des coûts et de la performance des SI de La Poste, une modélisation de la destruction de valeur par le SI.
Cette démarche venait après une période de dysfonctionnements importants dans certains applicatifs métiers. Deux services ont joué le rôle de laboratoire : la facturation et les plateaux de télévente.
La démarche suppose de rapprocher la cartographie applicative, celle des processus et la base des incidents. Ainsi, on peut mesurer, par exemple, les non-ventes ou les retards de facturation avec les pertes de trésorerie associées.
Or il convient de valider la base des incidents. Il n'est pas rare qu'un incident majeur soit traité en direct avec la personne concernée à la DSI pour gagner du temps, sans mention dans la base des incidents. De plus, il semble que les salariés aient une tendance générale à compenser spontanément les dysfonctionnements par des contre-procédures de fonctionnement en mode dégradé.
Un des éléments qui reste le plus compliqué à mesurer est l'impact sur le moral et donc la productivité des équipes d'un outil informatique inadéquat.
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