Réseaux d'opérateurs : Nokia et Siemens fusionnent

le 20/06/2006, par Olivier COREDO, Fibre optique, 431 mots

Siemens cherchait à céder sa division « Carriers» ou à s'allier. Cette dernière option est retenue, le Munichois joint ses forces à Nokia. Au programme, des synergies autour de la convergence.

Réseaux d'opérateurs : Nokia et Siemens fusionnent

« Siemens est le bon partenaire, au bon moment » lance Olli-Pekka Kallasvuo, PDG de Nokia. Par cette annonce, une rumeur persistante prend fin de façon plutôt heureuse : Nokia et Siemens fusionnent leurs activités réseaux d'opérateurs. Il faut dire qu'après le mariage Alcatel/Lucent, « l'air est aux consolidations » comme le souligne, Klaus Kleinfield, PDG de Siemens AG. La nouvelle joint-venture (50/50) entre le Finlandais et le Munichois pèse 15,8 milliards d'euros. Nokia Siemens Network, c'est son nom, compte ainsi devenir un leader des services « quadruple play » à destination des opérateurs et fournisseurs de services à travers le monde. Les deux compagnies vont réunir leurs activités R&D et seront à même de proposer des solutions complètes aux opérateurs. Nokia Siemens Network affiche dorénavant une large gamme de services réseaux de nouvelle génération : IMS, accès 3G/3G+/3G LTE, haut-débit fixe, IPTV, WIMAX... L'objectif est de proposer de nouvelles applications et des solutions convergentes fixes/mobiles/multimedia. L'acteur ainsi formé, sera capable de rivaliser avec l'exacerbée concurrence asiatique (Huawei et autres ZTE). Le nouvel ensemble (60 000 salariés) se place ainsi second sur les infrastructures mobiles (23% de pdm derrière Ericsson à 26%), idem sur les services et troisième sur les équipements fixes (derrière Alcatel/Lucent et Cisco). « Ce sont deux belles marques à forte qualité de services ! » reprend le PDG de Nokia. Globalement, Nokia Siemens Network devient le troisième plus gros acteur sur le marché des infrastructures télécoms. « Nous sommes les plus petits, mais j'apprécie cela. Nous nous positionnons comme des Challengers » se réjouit-il. « Cette alliance crée un acteur industriel majeur, possédant une force immédiate, un excellent potentiel de croissance et très bien positionné pour améliorer la profitabilité future » enchaîne Klaus Kleinfield. Qui dit fusion dit synergies. Le groupe envisage d'économiser 1,5 milliards chaque année jusqu'en 2010 (consolidation et optimisation de la force de vente et du marketing, réduction de coûts, capacité d'achats, efficacité de la R&D...). Et qui dit synergies, dit réductions d'effectifs. D'ici 4 ans, 10% à 15% des salariés sont menacés. Les deux sociétés comptent donner vie à cette fusion d'ici le premier janvier 2007 pour en tirer profit dès l'année prochaine. A moyen terme, qui rachètera l'autre ? Deux indices majeurs : le nom de la nouvelle entité commence par Nokia et son siège est à Helsinki. Mais attention, ce n'est que de la pure prospective ! Comme il n'est que futurologie de parler d'une éventuelle cession des activités « entreprises networks » ou « wireless modules » de Siemens Communications. Il ne faut jurer de rien...

<b>Une fusion de bonne augure</b>


Questions à Dan Bieler, responsable de recherche chez Ovum

- R&T : Cette fusion est-elle une surprise?
Dan Bieler : Nous savions que Siemens cherchait à céder la branche Carrier de sa division Communications. L'annonce d'un accord avec Nokia n'est pas surprenant. C'est un partenariat très positif.
- R&T : Que pèse ce nouvel acteur?
D.B. : Nokia Siemens pèse 15,8 milliards d'euros, juste derrière Ericsson/Marconi à 16,2 milliards et Alcatel/Lucent à 17,2 milliards.
En termes de parts de marché, sur le mobile, la nouvelle entité arrive seconde, derrière Ericsson avec 23% de pdm contre 26%. Alcatel/Lucent se place en troisième position avec 16%. Sur le marche des opérateurs, Ericsson garde la tête avec 14% de pdm contre 13% pour Nokia. Pour finir, sur les liaisons fixes, Alcatel/Lucent est en tête avec 17% de pdm, suivi par Cisco avec 10%. Nokia Siemens se classe troisième avec 7%.
- R&T : Pourquoi est-ce une bonne affaire pour ces deux équipementiers?
Les deux acteurs réunis gagnent une excellente position sur le marché. Bon nombre de synergies sont possibles. C'est réellement une fusion sur les métiers de convergence fixe/mobile. Le fixe ne pèse que 22% de la nouvelle entité. Le reste est composé du sans fil. Nokia Siemens est de fait un acteur de taille sur l'UMTS. Nous verrons si le groupe parviendra à accroître ses parts de marché. Ce n'est pas évident. Sur les réseaux de nouvelle génération (NGN), Siemens possède une bonne expertise. Mais ces réseaux intègrent beaucoup d'éléments où Alcatel/Lucent possède de fortes compétences. Par contre, Nokia Siemens n'ira pas concurrencer Alcatel/Lucent sur le marché du dsl. Pour finir, être à deux permet de mieux lutter contre des constructeurs asiatiques très agressifs.
- R&T : Est-ce une fusion ou un rachat?
Pour le moment c'est une simple fusion, qui est toutefois dominée par Nokia. Une des options possible est un rachat à terme de l'activité de Siemens. C'est possible.
- R&T : Est-ce la dernière fusion parmi les ténors des télécoms?
Non, les acteurs sont en pleine quête d'économies d'échelles et de croissance. Ils vont chercher à s'allier. Il reste encore quatre acteurs non fusionnés : NEC, Cisco, Nortel et Motorola... A partir de là, tout est envisageable.
- R&T : Que va devenir la division « Communication » de Siemens?
Siemens a déjà vendu sa branche mobile à BenQ. La prochaine étape, logique, à court terme serait de céder la branche « Entreprises Network » ou de fusionner avec un acteur indépendant. Pourquoi pas Avaya, par exemple...

Propos recueillis par O.C.

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