Très haut débit : l'Arcep donne le feu vert à l'initiative de SFR et Iliad

le 04/07/2009, par EuroTMT, Fibre optique, 632 mots

L'Arcep vient de donner son aval à l'initiative de SFR et Iliad consistant à proposer le développement conjoint, dans les zones moyennement denses, d'un seul réseau horizontal en fibre optique partagé par tous. La décision va à l'encontre des intérêts de France Telecom.

Très haut débit : l'Arcep donne le feu vert à l'initiative de SFR et Iliad

(Source EuroTMT) Mauvais mois de juin pour France Télécom. L'opérateur historique, qui se vit souvent comme une forteresse assiégée par des concurrents désireux de le dépouiller, a de nouveaux motifs pour nourrir sa paranoïa. Coup sur coup, l'Arcep vient de prendre deux décisions structurantes pour le déploiement des réseaux en fibre optique mais qui ne vont pas dans le sens des intérêts de l'opérateur. Ce fut d'abord la mise en consultation publique de la recommandation de l'autorité en matière de déploiement des réseaux dans les immeubles des zones très denses : l'Arcep recommande l'installation de quatre réseaux montants, si un opérateur en fait le demande. Comme c'est la position d'Iliad, France Télécom, dans les cas où il est l'opérateur d'immeuble désigné par les copropriétaires, va donc être contraint de mettre en oeuvre une solution qu'il combat. Mutualisation maximum dans les zones moyennement denses Réagissant à cette annonce, l'opérateur historique a déjà menacé de suspendre le déploiement de ses réseaux. Mais, le coup le plus dur, vient de lui être porté, encore par l'Arcep, à l'occasion de la présentation, fin juin, du bilan annuel. Dans son discours, Jean-Ludovic Silicani, le nouveau président, a en effet donné son aval à l'initiative prise par SFR et Iliad pour accélérer le développement du FTTH dans les zones moyennement denses. « En dehors de ces zones très denses, l'économie des réseaux appelle une mutualisation plus forte des investissements. L'accès aux fourreaux de France Télécom et la mutualisation de la partie verticale ne sont plus suffisants et c'est tout ou partie du réseau horizontal qui doit être partagé entre acteurs » a-t-il ainsi déclaré. Une position qui rejoint exactement la proposition faite aux pouvoirs publics par les deux opérateurs alternatifs. Le constat dressé par SFR et Iliad est simple : dans les zones moins denses, la construction de boucles locales en fibre optique, outre qu'elle sera techniquement difficile et très coûteuse, ne sera pas rentable. Pour éviter qu'un opérateur (sous-entendu France Télécom) ne se retrouve en situation de monopôle et pour ne pas retarder la couverture de ces zones, les deux opérateurs souhaitent s'associer pour construire un réseau cofinancé et partagé par tous. Un réseau point à point favorise la concurrence Un raisonnement que partage donc le nouveau président de l'Arcep mais qui va très certainement donner lieu à une nouvelle passe d'armes avec France Télécom. L'opérateur historique, qui a déjà l'obligation d'ouvrir son infrastructure de génie civile et ses fourreaux à ses concurrents, savait que dans les zones moins denses, il serait en position de force car ni SFR ni Iliad n'ont les moyens de financer, seul, la construction d'un réseau. De plus, la place réduite dans l'infrastructure passive justifiait son choix de construire un réseau FTTH à la norme GPon, très difficilement dégroupable. On n'aurait donc pas pu l'accuser de vouloir réduire le champ de la concurrence. Mais la proposition de ses deux concurrents suppose la construction d'un réseau point à point, qui, lui, peut être dégroupé aussi facilement que la boucle locale en cuivre et favorise la concurrence. Si, en plus, l'association des deux opérateurs (dont la forme reste à connaître) reçoit le soutien d'un investisseur public (comme la Caisse des Dépôts), elle représentera une offre très convaincante pour amener les collectivités locales à la soutenir. Alors que sur ces zones, France Télécom détient de très importantes parts de marché dans le DSL, il va devoir apprendre à partager. Lire aussi : Fibre dans les immeubles : les points en suspens retarderont le très haut débit Fibre optique dans les immeubles : le choix implicite de l'Arcep fait débat

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