Tribune libre : La ToIP en mal de régulation ?

le 25/11/2005, par Olivier Hersent, VoIP/ToIP, 893 mots

Le PDG de Netcentrex nous présente sa réflexion sur les problèmes et défis majeurs de la téléphonie sur IP.

Tribune libre : La ToIP en mal de régulation ?

La téléphonie sur IP est maintenant devenue une réalité incontournable. On ne peut plus prendre le métro sans croiser à chaque station une nouvelle offre de DSL + voix pour « encore moins cher », ni ouvrir un journal sans entendre parler du bouleversement des modèles économiques des opérateurs et de la dernière acquisition dans le domaine de la VoIP. Les entreprises également sont de plus en plus nombreuses à déployer des IP-PBX ou à souscrire aux nouvelles offres de Centrex IP. On pourrait en conclure hâtivement que les derniers problèmes ont été résolus et que la technologie est maintenant totalement mûre. C'est loin d'être le cas ! Plus la technologie avance, plus on exige d'elle la perfection... et la route est encore longue avant que la VoIP ne devienne une commodité. L'absence de QoS Dans le domaine du résidentiel, les défis sont multiples. Le dégroupage total d'abord. Comment accepter qu'un opérateur qui dégroupe totalement vous laisse 15 jours sans téléphone ni service d'urgence sans même vous prévenir ni s'excuser? Comment accepter que le téléphone cesse de fonctionner quand la télévision (IP elle aussi) est en marche ? De tels problèmes sont loin d'être exceptionnels et témoignent d'un laxisme coupable de la part des autorités de régulation : beaucoup d'offres sont présentées comme des substituts de lignes primaires sans en avoir, même de manière approchée, les caractéristiques. De manière moins évidente pour le consommateur, trop de services font également l'impasse sur des exigences réglementaires ou de robustesse pourtant évidentes si l'on reste cohérent avec la présentation de ces offres VoIP comme substitut de ligne fixe: possibilité pour la police d'intercepter les appels de 'box' à 'box', priorisation du trafic voix sur les données, sécurisation des commutateurs par des firewalls ou « Session Border Controllers » pour éviter les attaques, etc. La possibilité d'une véritable « class-action » en France, réclamée depuis longtemps par les associations de consommateurs, aurait vite raison des offres VoIP qui marchent 'dans 8 cas sur 10' et aurait sans doute un effet d'assainissement rapide de l'offre. Malheureusement aujourd'hui la tendance est d'offrir du téléphone qui marche « jusqu'à 100% des cas » ! Interconnecter les opérateurs en IP Au-delà de ces problèmes qui viennent plus de ficelages trop rapides des offres que de limitations de la technologie elle-même, il reste des défis techniques. Il est par exemple indispensable d'interconnecter les opérateurs VoIP entre eux en IP, sans repasser par le RTC, afin d'éviter les phénomènes d'écho. Ceci est très difficile en contexte de portabilité de numéro où plus rien n'indique dans le plan de numérotation que la destination est IP ou non : il faudra sans doute pour résoudre ce problème créer à terme un serveur de portabilité national comprenant des informations techniques et non seulement administratives. De plus, de telles interconnexions directes supposent que les opérateurs s'accordent sur les codeurs voix utilisables afin d'éviter au maximum les transcodages, et sur des profils d'interopérabilité des protocoles VoIP. Prochainement ce type d'interconnexion devra également fonctionner pour les appels vidéo et les appels de voix haute fidélité (« wideband »). Il est vraisemblable que les sociétés commercialisant des Session Border Controllers doivent, en attendant un tel consensus sur les codeurs média et les protocoles, effectuer les conversions de profil qui s'imposent entre opérateurs VoIP. Pour des labels de qualité Pour les entreprises qui possèdent un IP-PBX, le principal problème aujourd'hui est de pouvoir s'interconnecter réseau public directement en IP. Cette possibilité est pour l'instant réservée aux utilisateurs de Centrex IP. Pour éviter les problèmes d'écho dus aux accumulations de délais, les entreprises qui possèdent des IP-PBX devraient en effet s'assurer que toutes leurs communications vers des opérateurs IP (par exemples utilisateurs de « box ») se font en IP, sans conversion en téléphonie classique. Il faut évidemment pour cela commencer par s'interconnecter en IP au réseau public. De rares offres de « IP trunking » sont maintenant sur le marché, et devraient permettre à terme de telles interconnexions. Là encore il sera important pour les fabricants de PBX-IP de « certifier » leur souche protocolaire VoIP pour compatibilité avec le nouveau réseau public IP... les opérateurs devront donc créer de tels profils protocolaires, et en assurer la certification. Il est probable que ce type de labels de compatibilité voie le jour courant 2006, et il sera alors important pour les entreprises qui achètent un IP PBX de vérifier qu'il est labellisé « réseau public IP ». Le rôle du régulateur On le voit, les industriels sont maintenant arrivés à un point où les organismes de normalisation technique seuls, ne peuvent plus résoudre les problèmes résiduels de la VoIP. Exigences de qualité du réseau, portabilité IP, interconnexions IP garanties entre opérateurs, certification de protocoles : tout ceci est plutôt du domaine du régulateur, sauf à espérer que malgré le contexte de concurrence acharnée les opérateurs parviennent à s'entendre sur ces sujets, sans nivellement par le bas des offres. On dit souvent que la réglementation bride l'innovation et freine le marché. Mais au stade de maturité de la VoIP aujourd'hui avec plusieurs millions d'utilisateurs, on a sans doute besoin que le régulateur joue un rôle de catalyseur pour arriver à une véritable généralisation du nouveau réseau multimédia IP, sans que le consommateur y perdre la fiabilité et l'universalité auquel le réseau public nous a habitués. Il est grand temps de passer de la rhétorique du « au plus » à la rigueur du « au moins ».

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