TV mobile : ni les chaînes ni les opérateurs mobiles ne veulent payer pour le réseau

le 15/10/2008, par Serge LEBLAL, Convergence, 642 mots

Le déploiement de la télévision mobile personnelle en France est au point mort. Telle est la conclusion du colloque des Soirées Numériques de l'Université de Paris-Dauphine, organisé le mardi 14 octobre qui réunissait chaînes TV et opérateurs mobiles.

TV mobile : ni les chaînes ni les opérateurs mobiles ne veulent payer pour le réseau

Ambiance sombre, le mardi 14 octobre, lors du colloque des Soirées Numériques que l'Université de Paris-Dauphine organise. Le dialogue est au point mort entre les chaînes de télévision (les éditeurs) autorisées à émettre en DVB-H (le mode de diffusion de la TV mobile) et les opérateurs télécoms (les distributeurs), autrement dit Orange, SFR et Bouygues Telecom. "Aujourd'hui, les sept éditeurs affichent une position commune face aux trois distributeurs télécoms et aux constructeurs de terminaux mobiles. Le premier round de négociation n'a pas permis d'arriver à un accord. Nous allons entamer le second round" explique Stéphane Merires, responsable du projet TV mobile de TF1, et donc du côté des éditeurs. "Les différences de vues concernent bien sûr les aspects financiers. Mais tant que les discussions continuent, il n'y a pas vraiment de blocage. Nous demandons simplement une rétribution plus juste des contributeurs pour le financement du réseau » positive pour sa part Solenne Jaboulet, directrice de la TV mobile chez SFR, du côté des distributeurs. Pour comprendre le débat, ... ... les non-initiés peuvent se référer à un article publié le jour même par la Tribune et consacré au blocage des négociations sur la TMP (télévision mobile personnelle). Faute d'accord entre les éditeurs et les opérateurs sur le financement d'un réseau évalué à 56 millions d'euros pour couvrir 30% de la population (3,5 millions d'euros par chaîne), personne à l'exception de BFM TV, n'a pu envoyer la convention d'exploitation que tous les éditeurs de chaînes devaient remettre au CSA avant la mi-septembre. Un délai supplémentaire a été demandé par toutes les autres chaînes début octobre pour poursuivre de difficiles négociations. A ce jour, les éditeurs proposent que les distributeurs financent à hauteur de 87% la mise en place du réseau DVB-H. De plus, les éditeurs demandent 17 € pour chaque téléphone mobile, baladeur et TV de poche capable de recevoir la TMP. Pour justifier ces exigences, les éditeurs avancent que partout où les distributeurs s'adressent au grand public, ce sont eux qui financent leur propre réseau. "Nous attendions que les opérateurs nous proposent leur modèle économique, mais comme rien ne venait nous avons été obligés de présenter notre vision quant au déploiement du réseau. Il semblerait qu'il soit plus difficile de se mettre d'accord à 3 qu'à 7 pour formater une proposition commune. Faute de coordination entre les 3 opérateurs, les discussions n'avancent pas.", précise Léonidas Kalogeropoulos, conseiller du groupe NRJ "Pour nous la TV mobile est un service parmi d'autres que nous pouvons apporter à nos clients. Nous proposons déjà de la TV sur la 3G+ avec nos offres multiplay. En 2007, nous avions 700 000 clients à ce service » rétorque Solenne Jaboulet de SFR ... ... qui ne veut pas communiquer les derniers chiffres pour une question de confidentialité. L'argument de la TV sur la 3G+ est balayé d'un revers de main par Laurent Soulouniac, directeur général de France Télévisions Interactive : " Il y a un vrai besoin en TV mobile et la 3G+ ne permet pas d'y répondre." Stéphane Merires de TF1 enfonce le clou : "Le modèle de TV mobile sur 3G+ proposé par les opérateurs ne perce pas. Nous fondons de grands espoirs dans un nouveau service de type TMP. Nous avons vocation à utiliser tous les supports de diffusion pour exposer nos contenus à tous les publics et augmenter notre cible." Pour finir, à l'heure où la TV mobile a déjà été lancée dans quatre pays européens (l'Autriche, l'Italie, la Finlande et l'Allemagne) le lancement n'interviendrait pas en France avant la fin 2009. 18 mois sont en effet nécessaires pour déployer un réseau couvrant 30% du territoire hexagonal. Principalement les centres-villes des métropoles. A l'exception des zones de tests, l'écran sera donc noir jusqu'à la fin 2009. Encore une exception française.

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