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Téléphonie sur IP : arrêtons la psychose !

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Téléphonie sur IP : arrêtons la psychose !

Une menace qui ne date pas d'hier


(07/06/2007) - par Djamel KHAMES

Obligées de passer à la téléphonie sur IP, les entreprises, mieux informées sur les problèmes de sécurité, abordent ce sujet sérieusement, mais sans psychose. C'est vrai des grandes sociétés, peut-être moins des PME.



Prudence sur les témoignages

Les témoignages sur de telles attaques, pourtant réelles, sont rares, voire inexistants, à cause des répercutions négatives sur l'image de l'entreprise. Il existe une manière plus simple de s'attaquer à un autocom TDM. Si un sous-répartiteur d'opérateur est dans le sous-sol de l'immeuble de la société cible, un bon connaisseur peut se brancher sur la bonne paire de cuivre pour enregistrer les conversations et dupliquer les télécopies échangées.
Quant aux failles de la téléphonie sur IP, Yassine Essalih souligne que «les solutions de sécurité actuelles protègent mieux qu'auparavant les réseaux. Mais si l'on veut bétonner la sécurité, cela a un coût. La prudence impose aussi de garder à l'esprit deux éléments importants : les hackers arrivent toujours à trouver de nouvelles failles, et l'on ne se méfie jamais assez du personnel de l'entreprise.»

Attaques traditionnelles ou propres à la ToIP

Yassine Essalih traduit ses propos par deux exemples : «J'ai récemment découvert que les téléphones IP de deux leaders de la ToIP, pourtant réputés hermétiques, ont été craqués. Enfin, la formation des salariés à la vulnérabilité des réseaux est capitale. Un téléphone IP resté allumé en l'absence de son utilisateur peut être utilisé par un tiers pour accéder, par exemple, à l'annuaire de l'entreprise. Sa copie sera facilement monnayée.»
Les attaques traditionnelles - c'est-à-dire ayant pour cibles les applications bureautiques, le courrier électronique, les sites Web, etc. - se propagent naturellement au système de téléphonie sur IP : virus, déni de service, hameçonnage (phishing)... La ToIP possède, de surcroît, ses propres attaques. Au rang des plus dangereuses figurent :
- l'écoute locale ou à distance par un port inutilisé du commutateur que le gestionnaire du réseau a oublié de fermer ;
- l'usurpation d'adresses (chaque téléphone IP possède une adresse IP et MAC) pour faire passer un téléphone IP pour un autre, ce qui permet à son utilisateur de se faire passer pour un autre ;
- l'homme du milieu qui prend place entre deux terminaux de manière invisible à l'aide d'un ordinateur pour écouter et enregistrer incognito les conversations ;
- le détournement de trafic, qui alourdit les factures téléphoniques de l'entreprise. Si ce type de manipulation frauduleuse n'est pas décelé rapidement, l'ardoise peut faire très mal ;
- la convergence des terminaux - un ordinateur équipé d'un logiciel de téléphonie par exemple - crée une nouvelle vulnérabilité en mettant à mal la séparation virtuelle, quand elle existe, des réseaux téléphonique et informatique.
- le spam vocal est aujourd'hui un risque potentiel. A quand l'inondation des boîtes vocales de messages publicitaires et le dérangement permanent des salariés au téléphone ? Sur ce dernier point, il n'existe pas encore d'attaques connues ni de solutions de parade.
Face à ces vulnérabilités, les constructeurs d'équipements de téléphonie sur IP ont mis au point des défenses. Il est possible d'adopter, dans un premier temps, des mesures de bon sens. Dans les petites structures utilisant quelques postes dans un réseau tout IP, on est tenté d'acquérir, par mesure d'économie, un hub plutôt qu'un commutateur. Jean-Pierre Kellermann, responsable des produits et solutions de sécurité IP chez Alcatel-Lucent, le déconseille fortement : «Le hub peut diffuser les paquets IP vers tous les ports Ethernet, permettant ainsi aux utilisateurs des autres téléphones du réseau de l'entreprise d'écouter une conversation qui ne leur est pas destinée. En dirigeant les paquets IP exclusivement vers l'adresse de destination, l'autocommutateur participe, d'une certaine façon, à la confidentialité des communications.» Jean-Pierre Kellermann insiste également sur un point négligé par nombre d'entreprises : «Si l'on veut éviter les accès non-autorisés au réseau, la première solution est de désactiver les ports non-utilisés et de changer les mots de passe mis par défaut par les constructeurs.»

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