Free Mobile bouleverse le marché des télécoms - Free Mobile remplit ses engagements selon l'ANFR - RT Opérateurs/FAI

Free Mobile remplit ses engagements selon l'ANFR

Dossier par Jean Pierre Blettner, 941 mots

L'Agence Nationale des Fréquences a vérifié les 979 stations de base déployées du réseau de Free Mobile. 781 de ces stations ont rendu un service voix et données, ce qui correspond aux déclarations de Free Mobile. Dans cette affaire, chacun sauve les apparences. Décryptage.

Free Mobile remplit ses engagements selon l'ANFR Mandaté par Eric Besson, ministre de l'économie numérique, l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a vérifié le réseau mobile de Free. Les engagements de l'opérateur sont tenus selon l'ANFR.

La couverture de la population de Free Mobile s'élève à 30,8%. Pour autant, le trafic de ses abonnés passe plutôt par le réseau d'Orange. Ce qu'excuse l'ANFR qui a essentiellement testé le bon fonctionnement des stations de base de l'opérateur. Ainsi chacun sauve la face dans cette affaire, depuis l'ARCEP, le ministre, Free Mobile, Orange, et les autres opérateurs. Les obligations de couverture s'exprimant en nombre de stations de base et non en pourcentage de trafic acheminé, l'ANFR rend un rapport qui noie administrativement le poisson.

Fin mars, Free Mobile disposait au total de 1 770 stations en projet ou en service. L'ANFR a contrôlé 979 stations, soit toutes les stations déclarées comme mises en service auprès de l'Agence au début de sa mission.

Parmi ces stations contrôlées, 781 d'entre elles ont rendu à la fois un service de voix et un service de transmission de données. Ce nombre apparaît cohérent avec celui communiqué par l'opérateur Free Mobile à l'ARCEP, selon lequel 735 de ses stations étaient opérationnelles à la fin du mois de février. Le réseau de téléphonie mobile de troisième génération constitué par ces 781 stations apparaît fonctionnel.

Selon l'ANFR, les cartes indiquent que Free Mobile a implanté de nombreuses stations de manière espacée. La simulation de couverture réalisée à partir de ces stations permet d'estimer que ce réseau présente le potentiel de couvrir 30,8 % de la population métropolitaine. Le réseau de Free Mobile sollicite l'itinérance en 3G en tout point du territoire, au-delà des zones frontalières ou des zones blanches mutualisées.

Pour l'ANFR, au stade actuel du déploiement de son réseau, la plus grande part des appels des abonnés de Free Mobile apparaît prise en charge par Orange. Cette situation est susceptible de perdurer jusqu'à ce que le réseau atteigne une couverture comparable à celle de son partenaire d'itinérance dans les zones principales de séjour de ses abonnés.

L'ANFR explique et excuse le fait que les appels de Free Mobile soient fréquemment acheminés par le réseau d'Orange. Pour l'ANFR, le réseau 3G d'Orange couvre plus de 98 % de la population. Cette différence de couverture avec celui de Free n'est pas sans conséquence sur le comportement d'un terminal Free Mobile.

En effet, dès qu'un terminal Free Mobile atteint la limite de la couverture de son opérateur, il se raccorde au réseau d'Orange. Mais ensuite, comme le réseau 3G d'Orange est très dense, rares seront les trous de couverture qui conduiront le mobile à réexaminer la situation : lorsque le mobile bascule sur le réseau Orange, il tend à rester en itinérance.

Photo D.R.



Lorsque le mobile perd la couverture Free Mobile, il passe instantanément sur le réseau d'Orange ; lorsqu'il est passé en itinérance, il lui faut recourir à un test, dont la fréquence se compte en dizaines de minutes, pour retourner vers la couverture Free Mobile, sous réserve qu'elle soit disponible à cet endroit et à cet instant.

Pour l'ANFR, ce phénomène met en défaut le sens commun qui inciterait à penser que, dès lors que la couverture du réseau d'abonnement atteint 30 %, la probabilité pour que le mobile demeure sur ce réseau devrait être également voisine de 30 %.

En matière périodicité de recherche du réseau, l'examen des cartes SIM a fait apparaître que la périodicité était fixée, dans les cartes examinées, entre 18 minutes et 60 minutes chez les opérateurs présents dans l'hexagone. Free Mobile a retenu 30 minutes, ce qui apparaît donc comme une valeur intermédiaire, selon l'ANFR.

Face à ces résultats, l'ANFR constate qu'en l'état actuel de la topologie et de la couverture propre de Free Mobile, le taux d'usage du réseau 3G de l'opérateur est vraisemblablement faible par rapport à son taux de couverture ; l'ANFR conseille que pour que ce réseau puisse capter la plus grande partie du trafic 3G de ses abonnés, il conviendrait d'accroître sensiblement sa couverture ou de densifier les zones privilégiées par ses abonnés.

Pour mémoire, Free Mobile a lancé ses premières offres le 10 janvier dernier. Ses obligations de couverture lui prescrivent de couvrir 27 % de la population pour le service de voix et 25 % pour celui de transmission de données.

L'ANFR rappelle que dans son communiqué de presse du 27 janvier 2012, « l'ARCEP a souhaité faire part au ministre chargé de l'économie numérique qu'elle juge souhaitable que les moyens techniques de l'ANFR puissent être utilisés pour faciliter les contrôles de couverture des réseaux des opérateurs mobiles menés par l'ARCEP ».

En réponse à cette demande, le Ministre avait demandé le 16 février 2012 à l'ANFR d'effectuer les mesures nécessaires pour vérifier la couverture effective des réseaux de l'opérateur Free Mobile. Ces mesures portent sur les stations dont l'opérateur a déclaré la mise en service. Il s'agissait de déterminer la liste des stations constatées en service, c'est-à-dire émettant un signal et paramétrées pour accueillir des communications sur le réseau propre de l'opérateur ; la liste des stations en service permettant un accès au service téléphonique et celles permettant un accès à un service haut débit.

L'étude de l'ANFR, réalisée à la demande du Ministre en réponse au souhait exprimé par l'ARCEP de bénéficier du concours matériel de l'ANFR pour contrôler la couverture des opérateurs mobiles, avait vocation à compléter les mesures réalisées par l'ARCEP en matière de contrôle du spectre radioélectrique, lequel relève de la compétence de l'Agence. Elle n'a pas vocation à se substituer à la compétence de contrôle de l'Autorité.

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