Google : le maître du web - Microsoft prend des risques s'il paie des contenus que Google affiche sans bourse déliée - RT Infrastructure

Microsoft prend des risques s'il paie des contenus que Google affiche sans bourse déliée

Dossier par IDG News Service, 849 mots

Rupert Murdoch, patron du Wall Street Journal, est furieux que ses contenus soient utilisés gratuitement par Google. Il négocierait pour que ses articles ne soient indexés que par Bing, le moteur de recherches de Microsoft. Mais cela nuira-t-il réellement à Google ?

Microsoft prend des risques s'il paie des contenus que Google affiche sans bourse déliée Selon le Financial Times il pourrait y avoir un accord entre le groupe de médias News Corp, propriétaire de titres comme le Wall Street Journal ou le New York Post et l'éditeur Microsoft afin que le moteur de recherche Bing de celui-ci soit le seul autorisé à indexer les contenus de News Corp.

Exit donc Google et la dictature de sa rubrique actualités qui hiérarchise les contenus tiers. Selon l'article du Financial Times, d'autres éditeurs de publications sur le Web seraient en discussion avec Microsoft.

Si cet accord d'exclusivité avec Bing semble attrayant pour Microsoft et News Corp., en fait il se pourrait bien que ce nouveau concept finisse par un échec retentissant pour Bing. L'article du Financial Times cite une source anonyme qui pense que l'objectif de Microsoft est de « s'attaquer aux marges de Google. » L'idée serait de pousser Google lui aussi à dépenser de l'argent pour des contenus qu'il indexe actuellement sans bourse délier. Mais Microsoft peut-il croire sérieusement à un tel scénario ? Probablement non.

Google a déjà déclaré que les organisations qui ne souhaitent pas voir leurs contenus être indexés sont libres de le demander. De plus, Matt Brittin de Google, déclare pour sa part que la rubrique Google Actualités (Google News) n'amène pas de gros revenus pour le moteur de recherche. Ce qui n'est pas une surprise puisque Google ne place pas de publicités dans ces pages.

Il y a tant de sites de contenus qui désirent être indexés que cela ne pousse pas Google à payer pour obtenir les contenus d'une société de médias en particulier. L'accord potentiel entre Microsoft et News Corp ne peut créer de soucis à Google que si ce dernier joue le même jeu que Microsoft. Une course pour décrocher les droits d'affichage exclusifs de contenus est un pari risqué qui pourrait amener une demande exponentielle de la part des producteurs de contenus qui demanderont des accords similaires.

Pourquoi Google se lancerait-il dans une telle stratégie ? Certes, Google paie déjà pour afficher le contenu de l'Associated Press, de l'Agence France Presse et d'autres fils d'informations. Mais il s'agit alors d'articles complets présents dans les propres pages Web de Google.

A l'inverse, le contenu que Google News tire du The Wall Street Journal, par exemple, consiste dans le titre de l'article et des morceaux du texte qui encouragent le lecteur à cliquer pour aller sur le site du The Wall Street Journal. Pour l'essentiel, Google News est donc un point de départ pour les informations, ce n'est pas une destination.

Photo : Rupert Murdoch, patron du groupe News Corp., excédé par Google qui indexe ses contenus sans bourse délier. (D.R.)



L'autre manière dont Google utilise les articles d'information est en les incluant dans les résultats de recherches lancées sur internet pour des sujets qui ne sont plus forcément d'actualité comme la mort de Michael Jackson ou les attentats du 11 septembre. S'il y avait un accord entre Bing et News Corp, Google n'affichera que des articles issus de sources non News Corp pour le même sujet. L'utilisateur n'y perdra rien.

Microsoft pourrait gâcher pas mal d'argent à ce jeu en achetant des droits exclusifs. Pendant ce temps, Google peut tranquillement attendre que des sites Web n'appartenant pas à News Corp traitent le même sujet, afin de reprendre l'information. Sans compter que ni Google ni Bing ne sont les seules sources de contenus. On trouve des contenus intéressants sur les réseaux Twitter ou Facebook, avec des échanges de liens vers les informations qui suscitent l'intérêt d'une communauté.

Que se passerait-il si un accord entre Bing et News Corp se nouait et qu'il crée une tendance similaire chez les principaux fournisseurs de contenus ? A la fin, il y aurait une sacrée confusion chez les utilisateurs. Vous cherchez des informations sur des contenus, journalistiques ou vidéos, de News Corp ? Allez chez Bing. Des informations ou des bandes annonces des studios Universal ? Allez chez AOL. Des scores de foot-ball ? Allez chez Google.

Qui veut un futur comme cela ? Difficile de retenir quel moteur activer selon les informations que l'on recherche. Deux solutions existent à partir de là. Les moteurs de recherche vont s'indexer les uns les autres (ce qu'ils font déjà). Ou, les méta moteurs de recherches (comme Dogpile ou Gajeebo) vont gagner en popularité. Ces moteurs de recherche hiérachise les résultats issus des autres moteurs de recherche comme Ask, Bing, Google et Yahoo.

En fait, dans un Web fracturé à ce point, Google et Bing pourraient ne pas avoir d'autres choix que de réaliser des accords croisés de méta-recherche. Ce qui rendrait les indexations exclusives d'autant plus sans intérêt. Si Microsoft s'engage dans des accords exclusifs il va gaspiller de l'argent qui serait mieux employé ailleurs, notamment en matière de recherche de nouvelle génération (à partir d'images vidéos). Vouloir acheter le Web contre Google serait un pari risqué de la part de Microsoft.

Sommaire du dossier