Entretien avec François Provost, directeur général de Mirapoint pour l'Europe du Sud

François Provost
directeur général de Mirapoint pour l'Europe du Sud

le 04/09/2006, par Eddye Dibar , RT Messagerie

Fraîchement nommé directeur général de Mirapoint pour l'Europe du Sud, François Provost revient sur l'orientation stratégique prise par l'entreprise. Il en profite pour commenter quatre points d'actualité qui témoignent, selon le nouveau DG, de la bonne santé de Mirapoint.

François Provost

R&T : Dans quel contexte arrivez-vous à la direction Europe du Sud de Mirapoint ?
François Provost : Je suis arrivé chez Mirapoint au début de cette année comme directeur commercial. J'ai choisi cette société car c'est le seul constructeur à offrir un concept complètement intégré et basé sur une appliance de messagerie associant également de la sécurité et de l'archivage légal. Jacques Montibert (ex DG de Mirapoint, ndlr) a décidé de faire autre chose. Au mois d'août, j'ai donc été embauché pour le remplacer.

R&T : Est-ce le signe d'un nouveau virage stratégique ?
F. P. : Il serait présomptueux de m'approprier le virage stratégique pris par Mirapoint. Il y a bien un changement de stratégie, mais il s'applique au niveau mondial. Jusqu'à présent, nous faisions la majorité de notre business au travers des VAR. Or nous nous apercevons que depuis deux ans environ, 40 à 50 % des entreprises ne veulent plus s'occuper de la messagerie et la confie à leurs FAI (fournisseur d'accès à Internet, ndlr). Nous nous devons de pouvoir offrir nos solutions via ces nouveaux canaux de vente.
Le virage que nous prenons ne se fait pas au détriment des VAR. Il s'agit d'une demande du marché. Nous allons donc renforcer notre réseau de revendeurs, pour que les entreprises qui veulent investir dans une infrastructure de messagerie et la gérer puissent le faire. Pour les entreprises qui souhaitent acheter un service de messagerie, nous passons par les SSII et les fournisseurs de service. Parmi nos partenaires sous comptons déjà Orange, BT, Cable&Wireless, Tiscali, T-Systems, entre autres FAI. Par ailleurs, nous allons prochainement annoncer deux partenariats avec des SSII françaises.

R&T : Et les partenariats technologiques ?
F. P. : En août, nous avons rejoint le MAAWG (Messaging Anti-Abuse Working Group, ndlr). Il s'agit d'un organisme regroupant plusieurs fournisseurs de solutions de sécurité qui associent leurs forces pour lutter contre les abus appliqués aux messageries électroniques. Le MAAWG regroupe plus de 600 millions d'adresses emails dans le monde. A nous seul, nous apportons 115 millions de boîtes aux lettres. Nous sommes donc une addition visible au sein de cette organisation. Nous y apportons un retour d'expérience conséquent. Il s'agit d'un certaine reconnaissance car nous amenons notre participation à un groupe de travail qui dressent les standards dans ce domaine.
De plus, nous avons récemment signé un accord de partenariat avec Bakbone autour d'une solution de sauvegarde et de restauration d'emails. La suite logicielle NetVault de Bakbone sera intégrée à nos appliances. Cet accord est stratégique pour nous car nous avons désormais une solution complète de stockage d'email au niveau SAN et NAS.

R&T : Allez vous prochainement sortir de nouveaux produits ?
F. P. : Nous avons lancé Mirapoint Messaging Reporter, outil centralisé d'édition de rapports. Il est basé sur les logs remontés par les systèmes de sécurité RazorGate et Message Server. L'utilisateur peut ainsi augmenter la granularité de son reporting pour corriger et adapter le comportement de ses machines.
Nous avons trois modèles de serveurs que nous faisons évoluer tous les deux ans environ. Beaucoup de nos plates-formes hardwares changeront l'année prochaine. Quant à nos solutions logicielles, elles sont mises à jour en continu.

R&T : Les clients de Novell sont devenus une cible ?
F. P. : Mirapoint a décidé de se lancer à la conquête de la base installée de clients de GroupWise, la messagerie de Novell. Nous avons un retour d'utilisateurs aux Etats-Unis qui ne sont pas satisfaits de leur solution. Par ailleurs, le directoire de Novell a changé. Concernant la messagerie, sa nouvelle stratégie n'est pas claire. Enfin, les analystes de marché montrent que Novell a du mal à faire évoluer GroupWise. Nous venons donc de lancer un programme s'adressant à ces utilisateurs. Nous leur offrons 30 jours test gratuit de notre solution et nous assurons la migration du contenu de leurs boîtes aux lettres Novell vers Mirapoint. Au-delà du test, s'ils choisissent notre solution, nous appliquons un rabais de 30% sur le prix du produit. Je ne fais de chasse aux sorcières, mais j'insite tous les clients de Novell non satisfaits à venir nous voir. Aujourd'hui, une dizaine de clients a fait ce changement, surtout poussés par les aspects sécurité et archivage légal de notre offre.

R&T : Quelle est votre vision du marché de la sécurité de la messagerie électronique ?
F. P. : Technologiquement, nous devons mutualiser les efforts pour sortir des standards capables de parer aux ruses de plus en plus alambiquées mises au point par les spammeurs. Elles deviennent de plus en plus difficile de détecter.
Par rapport à nos compétiteurs, nous constatons que c'est un marché en pleine consolidation. Beaucoup d'entreprises, trop petites, n'ont pas pris pied. Certaines veulent se faire ou viennent de se faire racheter. D'autres abandonnent le marché de l'appliance. Nous possédons des solutions assurant la sécurité email des grands comptes. De plus, nous tirons nos revenus de plusieurs sources : sécurité, serveur de messagerie et archivage. Ce sont les raisons de notre pérennité.

R&T : Allez vous donc diversifier votre activité ?
F. P. : Non. A chacun son coeur de métier. Pourquoi racheter un éditeur anti-virus par exemple alors que nous portons sur nos solutions des outils de partenaires tels que Sophos et F-Secure.

R&T : Quels sont vos objectifs ?
F. P. : Nos objectifs financiers ne sont pas dévoilés. Mais nous comptons doubler le chiffre d'affaires de notre région d'ici à 18 mois. Nous couvrons la Belgique, la France, l'Afrique francophone ainsi que l'Espagne et l'Italie. Nous avons répartis nos risques entre FAI, SSII et VAR.