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EntretienPatrick Bertrand
"Nos propositions sont destinées à permettre aux entreprises du logiciel de se développer. En particulier les plus petites."(13/09/2008) - L'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel) a rendu public, le 12 septembre, son document intitulé « Propositions en faveur du développement de l'industrie du logiciel en France » remis en juillet dernier à Eric Besson. Patrick Bertrand, président de l'Afdel, détaille les points les plus saillants du document. Ce texte de 20 pages contient une liste de propositions au gouvernement destinées à stimuler le secteur logiciel dans l'hexagone. L'association, souvent contestée en particulier pour ses positions en matière de brevet logiciel, s'engage ici plus particulièrement auprès des petits éditeurs. Après les rachats des deux fleurons Business Objects et Ilog (respectivement rachetés par SAP et IBM), le périmètre des éditeurs français se réduit comme peau de chagrin. Derrière un Dassault Systèmes intouchable et quelques exceptions telles que Cegid, que dirige d'ailleurs Patrick Bertrand, une myriade de petites structures aux chiffres d'affaires de quelques millions d'euros, se débattent pour survivre. Réseaux et télécoms: Les propositions de l'Afdel concernent particulièrement les petits éditeurs. Pourquoi ? Patrick Bertrand : Il y a plus de 2500 éditeurs de logiciels en France. Et beaucoup sont de petite taille et ils ont besoin de cash flow. Mais nous ne réclamons pas de budget supplémentaire mais une reconcentration des moyens déjà alloués. Nos propositions sont destinées à permettre aux entreprises du logiciel de se développer. En particulier les plus petites. Cela peut passer par une demande aux collectivités territoriales, à l'administration en général, de réserver une part de leurs investissements logiciels aux PME installées en France. Réseaux et télécoms : reprenez-vous l'idée du 'Small business act' à la française ? Patrick Bertrand : Effectivement, nous voudrions une forme de 'Small business act' à la française. A ceci près que le système américain est trop complexe pour les PME. En revanche, il serait déjà possible d'alléger le processus d'appel d'offres public par exemple. Pourquoi ne pas également obliger les grands donneurs d'ordre à découper leurs appels d'offres en lots pour en faire profiter aussi les PME ? Par ailleurs, ces appels d'offres aboutissent souvent au choix d'un grand intégrateur. On pourrait imposer à celui-ci d'intégrer des petits acteurs du logiciel. Aujourd'hui, l'accès aux marchés publics demeure une course d'obstacles pour les plus petits. Réseaux et télécoms : Vous évoquez la pénurie de compétences adaptées aux éditeurs - et non aux SSII Patrick Bertrand : Le métier du logiciel n'est pas seulement un métier de développeur ou d'ingénieur. Or, ce n'est pas du tout compris. Il faut un ensemble de compétences : des ingénieurs, mais aussi des gens à la double culture technique et métier, capables de configurer et de comprendre le besoin du client. Il faut des spécialistes du marketing de l'immatériel, des juristes spécialisés dans le droit du contrat et la protection intellectuelle, des financiers pour préparer les business plans et parler avec des capital-risqueurs lors des tours de table. Il est vital que les pouvoirs publics s'emparent de cette question. Le métier de développeur comme pratiqué en SSII est très facilement délocalisable. Ce n'est pas le cas chez les éditeurs qui ont besoin de plus de proximité avec l'utilisateur final pour que le logiciel soit vendu partout dans le monde à des milliers d'exemplaires. Un développeur chez un éditeur participe à la création d'un produit, travaille avec les partenaires, c'est un métier très riche. Un métier dans lequel, qui plus est, on se bonifie avec le temps. Il est même bien vu d'avoir de l'ancienneté et de l'expérience ! Enfin, contrairement à ce que l'on pense communément, sur une période de 10 ans, le salaire est plutôt meilleur dans l'édition logicielle que dans les SSII.
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