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Filip Gluszak

La nouvelle ère du satellite

Filip Gluszak - Directeur Marketing d'UD Cast


(14/03/2007)

Le satellite semble s'effacer devant l'ADSL, la fibre ou le Wimax. Il garde cependant de sérieux atouts en entreprise et reste, dans certain cas, incontournable.

La business continuity (continuité de l'activité) figure au premier rang des besoins exprimés par les grands comptes et les administrations, qui excluent toute interruption de leur connexion Internet. Difficile de faire l'impasse sur ces liaisons de secours étant donné le préjudice financier encouru en cas de suspension de connexion : selon le cabinet AMR Research, il atteindrait 400 000 dollars par heure dans le secteur industriel, 250 000 dollars dans le secteur bancaire. Ce n'est donc pas un hasard si, en 2006, Algérie Telecom a équipé mille cinq cents agences bancaires de liaisons par satellite pour assurer vingt-quatre heures sur vingt-quatre toutes les opérations de compensation interbancaire. Il s'agit, en cas de défaillance du réseau terrestre, de basculer automatiquement les serveurs de l'entreprise sur des liaisons de secours par satellite, tant sécurisées que transparentes pour l'utilisateur. C'est à ce seul prix que l'entreprise peut assurer une disponibilité permanente de ses applications et de ses communications avec les sites distants. Autre atout : certains SSP (satellite service providers) facturent à leurs clients ce service de back-up par satellite seulement quand la bande passante est utilisée du fait d'une interruption de réseau. Enfin, n'oublions pas que, dans la sphère des applications professionnelles, le satellite constitue le socle pour bâtir des réseaux VPN (réseaux privés virtuels) sécurisés.

Adapté aux situations de crise

Des situations plus cruciales encore exigent un rétablissement quasi instantané des télécommunications. L'expérience répétée de désastres naturels ont conduit les équipes d'intervention d'urgence à réviser la qualité des moyens logistiques activés dans les premiers instants du sinistre, notamment pour le rétablissement rapide des liaisons téléphoniques et IP.
L'état des lieux réalisé par l'agence fédérale de la sécurité civile (Fema), au lendemain du passage de l'ouragan Katrina en Louisiane, a permis de pointer du doigt la relative lenteur des secours à rétablir les communications. Pour y remédier, les autorités américaines ont mis en place le programme OnSpot, consistant à déployer des moyens fixes et mobiles capables d'établir immédiatement des liaisons à 4,5 Mbit/s via une plate-forme de services satellitaires. A ce jour, soixante-dix unités OnSpot ont été livrées par leurs concepteurs (On Call Communications, Intelsat, UDcast) à la Fema et au département de la Sécurité intérieure ; soixante-douze lignes téléphoniques VoIP, couplées à des accès IP sécurisés et à des transmissions vidéo, peuvent ainsi être activées dans l'urgence.

Les exemples ne manquent pas à travers le monde des services rendus par le satellite, là où les liaisons IP terrestres font défaut, temporairement ou de façon permanente. Au Japon, l'opérateur JSAT a déployé en 2006, pour le compte du gouvernement, des systèmes de communication IP par satellite à destination des zones rurales et insulaires privées de connexions filaires. Le but est d'assurer des services médicaux courants et de secours à une population éloignée des infrastructures de santé, de permettre aux médecins d'accéder à distance aux images médicales et d'étudier le cas de patients hospitalisés en zones rurales.

Combler la fracture numérique... et sociale

Le Japon n'est pas le seul territoire souffrant de fracture numérique. Qu'il s'agisse des campagnes reculées françaises, des territoires étendus du nord de l'Afrique ou des zones rurales irlandaises, l'unique chance de ces pays réside dans les voies célestes du satellite. En reliant les hommes, le satellite participe aussi à la réduction des inégalités sociales devant l'accès à la formation, à la santé, à l'information.

Enfin, les applications nouvelles en matière de loisirs devraient, elles aussi, profiter de l'essor du satellite : les réseaux de radio aux Etats-Unis (services XM et Sirius), les réseaux de TV mobile en Corée, la diffusion par satellite pour réseaux DVB-H et le standard hybride satellite-terrestre DVB-SH de TV mobile (lancé par Alcatel-Lucent avec le concours d'équipementiers français). Au regard des estimations d'analystes comme ABI Research - qui prédit cinq cents millions d'utilisateurs en 2011 -, les prochaines années verront une croissance exceptionnelle de la TV mobile, à laquelle sera sans doute associée la technologie du satellite pour des déploiements à grande échelle économiquement rentables.

Le système VSAT fait recette

Plus de cinq cent mille terminaux VSAT sont en activité dans plus de cent vingt pays, selon le Global VSAT Forum, démontrant ainsi l'engouement des entreprises et des administrations pour cette technologie largement répandue.
On constate en effet depuis plusieurs années une progression du déploiement des systèmes VSAT de par le monde ; des sociétés comme Ipstar et WildBlue peuvent en témoigner respectivement en Asie-Pacifique et aux Etats-Unis. Et cela concerne tout type d'entreprise, de la multinationale à la PME, les SSP et les opérateurs VSAT proposant des systèmes clés en main (installation + licence d'exploitation + maintenance) à des prix très compétitifs. Le VSAT est parfaitement adapté aux applications professionnelles en point-multipoint nécessitant des communications longue distance entre plusieurs sites (filiales, administrations locales...). Sa mise en oeuvre rapide, son caractère évolutif et son accessibilité immédiate en font une solution de choix pour l'accès Internet haut débit dans les zones de fracture numérique, mais aussi toutes sortes d'applications professionnelles : VPN, télésurveillance, e-learning, télémédecine, animation de points de vente, communications maritimes... Tous ces usages et atouts font du système VSAT le «prêt-à-connecter» haut de gamme du satellite.

Performance des connexions et disponibilité permanente du réseau, telles sont les attentes des entreprises et des administrations en matière de réseaux IP à haut débit par satellite. Mais dresser cet unique constat serait faire l'impasse sur la sécurité, qui revêt toute son importance ; en atteste le développement des VPN sécurisés (avec IPSec) reliant des filiales de grands groupes entre elles ou avec le siège et nécessitant des liaisons de bout en bout contrôlées, cryptées et rapides.

Or, l'utilisation des communications par satellite posait jusqu'à présent des problèmes de latence (les ondes radio mettent environ 500 ms pour atteindre le satellite), d'où la nécessité d'une solution pour améliorer les performances ; protocoles et applications ont été implémentés pour les environnements LAN, laissant de côté les performances dans les réseaux étendus à connexion par satellite. Aujourd'hui, les solutions Wafs (Wide Area File Services) mettent en oeuvre des techniques d'optimisation des flux sur les réseaux étendus (WAN) conduisant à la réduction sensible des temps de réponse entre le site central et les sites distants. Le Wafs permet de centraliser les données sur le site central de l'entreprise en donnant l'impression à l'utilisateur situé sur un site distant de se connecter à un serveur de fichiers local (la vitesse de transfert de fichiers est ainsi proche de celle d'un LAN). Les techniques les plus utilisées pour Wafs sont l'optimisation des protocoles Cifs et NFS, ainsi que les technologies de compression, de cache et d'accélération TCP.

Aujourd'hui, ces fonctionnalités sont intégrées dans certains équipements, permettant d'optimiser la capacité de la bande passante en accélérant et en sécurisant les applications TCP/IP de bout en bout. A travers eux, chaque plate-forme satellite intègre entièrement les fonctionnalités IP telles que routage, QoS, sécurité (protocole IPsec), compression et caching Web.

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