
La normalisation des communications unifiées évolue rapidement mais tarde à aboutir à des résultats probants. La difficulté d'interconnecter une myriade de systèmes de communication avec un serveur de gestion de la présence fédérateur s'ajoute à la bataille historique autour de la signalisation téléphonique.
L'interopérabilité due à SIP reste basique
Le protocole SIP, côté téléphonie, remporte apparemment tous les suffrages et a écarté H.323 et MGCP. Mais si on s'accorde pour se servir du contenant (le format SIP), en revanche tout reste à faire pour le contenu : la signalisation elle-même. Des dizaines de normes ou d'embryons de normes existent à l'IETF et décrivent des extensions ou des cinématiques d'utilisation de SIP, en plus des usages propriétaires qu'en font nombre de constructeurs.
Dès lors, s'affirmer simplement « compatible SIP » a peu de sens, notamment dans la téléphonie d'entreprise, fonctionnellement riche. En attendant que la norme et ses usages se stabilisent (si cela arrive un jour), il faut considérer que l'interopérabilité due à SIP reste cantonnée à la téléphonie simple, avec des combinés basiques, ou encore pour les interconnexions avec les opérateurs.
SIMPLE est au coeur des communications unifiées
Récemment, Microsoft s'est positionné au coeur même des communications unifiées avec Office Communication Server 2007. C'est là que se situe le principal enjeu, car chacun des modes de communication dispose de normes parfois assez anciennes (ex : T.120 pour le partage d'applications). Une fois n'est pas coutume, Office Communication Server 2007 respecte une norme ouverte, appelée SIMPLE (SIP for Instant Messaging and Presence Leveraging Extensions). Il s'agit d'une extension complexe de SIP pour traiter la messagerie instantanée et la gestion de la présence.
Microsoft crée un standard par défaut
Mais SIMPLE étant incomplet, Microsoft lui a ajouté des extensions dont le statut exact reste flou : durablement propriétaires ? Réintégrées dans le standard ? Remplacées à terme par leurs équivalents standards ? Le point pourrait se résoudre de lui-même tant l'empressement est grand chez tous les acteurs des communications unifiées pour se déclarer compatibles avec OCS créant de fait une norme, dérivée de SIMPLE mais ayant plus de poids que l'original !
IBM et Cisco, les deux principaux challengers de Microsoft, ont aussi adopté ou supporté SIMPLE. Il existe donc un espoir d'interopérabilité. Mais on retrouve le même problème qu'avec le support « basique » de SIP. Tous ces systèmes respectant SIMPLE vont savoir échanger des messages, mais vont-ils savoir les interpréter ? On peut craindre que ce type de problème se traite plus facilement par une alliance avec Microsoft que par les instances de normalisation.
Du pain sur la planche pour SIMPLE
En conséquence, l'élan qui a propulsé SIP doit se poursuivre avec SIMPLE pour que les entreprises puissent recevoir le niveau de fonctionnalités qu'elles attendent sans être engagées durablement avec un fournisseur unique de solution.