Fibre optique : Free cohabite toujours aussi difficilement avec Orange et SFR

le 15/10/2008, par Jean Claude Streicher, Fibre optique, 594 mots

Les entretiens de l'Arcep sur le très haut débit ne peuvent que confirmer que les trois opérateurs s'entendent mal sur la desserte en fibre optique des foyers. Une meilleure structuration des investissements semble nécessaire.

Les 12èmes Entretiens sur le très haut débit de l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms, se sont déroulés lundi 13 octobre. Ils ont été l'occasion de rencontrer les acteurs d'un secteur en ébullition permanente quand il s'agit du raccordement des foyers français en fibre optique. Petit rappel : le trublion Free avait calculé que le raccordement en fibre optique lui coûterait en zone urbaine dense quelque 150 € par abonné. Et l'opérateur avait fixé un tarif à 30 € par mois pour ses clients. Or, ce prix est devenu de facto le prix du marché que chaque opérateur se doit de respecter. Et les concurrents de Free ne lui pardonnent pas de les avoir obligés à s'aligner sur ce forfait mensuel à 30 €, alors qu'eux-mêmes avaient prévu de partir sur 60 €. Lors de ces 12èmes Entretiens, un représentant de Vivendi est même intervenu publiquement pour accuser le groupe Iliad, maison mère de Free, de « destruction de la valeur. A 30 € par mois, plus personne ne déploie, pas même Free ! ». Pourtant, même à ce tarif Xavier Niel, vice-président et directeur de la stratégie du groupe Iliad, était parti sur un retour sur un investissement de 15% pour ses déploiements en fibre optique, donc sur une durée d'environ sept ans. Il comptait notamment sur la conversion de ses 300 000 abonnés en DSL dégroupé dans Paris intra-muros et la fin de la redevance qu'il verse à France Telecom. Mais dans la pratique, ça coince dans les cages d'escalier. « Nous avons décidé d'y aller le plus vite possible. En réalité, nous allons moins vite que prévu » a indiqué Xavier Niel, le 13 octobre. De fait, les déploiements de Free dans les égouts de la Ville de Paris ont été rapides. Une soixantaine de NRO (Noeud de raccordement d'opérateur) ont ainsi pu être mis en place. Mais au-delà, l'opérateur a visiblement beaucoup plus de mal qu'Orange et SFR à entrer dans les immeubles. « Nous ne donnons aucun chiffre sur les raccordements déjà réalisés. Nous avons moins de raccordements que SFR et presqu'autant qu'Orange » nous a indiqué Xavier Niel en apparté. La technologie retenue ... ... jusqu'alors par Free est en outre différente de celles d'Orange et de SFR. Il emploie du point à point symétrique, là où les autres opérateurs fonctionnent en GPON. Ce qui semble compliquer le partage de certaines parties de l'infrastructure. L'Arcep est dans l'embarras. « Le régulateur ne peut pas brimer des approches différentes, a rappelé Gabrielle Gauthey, membre du collège de l'Autorité. « Nous avons besoin d'expérimentations », nous a indiqué, pour sa part, Paul Champsaur, président de l'Arcep. Quoiqu'il semble possible que Free ait modifié ses choix techniques. Lors des Entretiens, Xavier Niel nous confiait que ses NRO sont maintenant en GPON vers les abonnés, comme ses concurrents. Si c'est compliqué pour « fibrer » Paris, la situation ne paraît pas plus limpide dans les réseaux déployés par les collectivités territoriales. Dans la Manche, Free veut bien assumer sa part d'un tiers dans les frais de raccordement d'abonné. Mais ses concurrents n'y paraissent guère disposés. Stéphane Lelux, président du cabinet Tactis, se fatigue de ces bisbilles : « Il faudrait en réalité une grande initiative de l'Etat, avec d'autres investisseurs que les opérateurs télécoms. Ces investisseurs existent. Mais seul l'Elysée, et non pas l'Autorité, a le pouvoir de les structurer. » Et certains suggèrent qu'en quittant l'Arcep en décembre prochain Gabrielle Gauthey soit nommée Madame Très Haut Débit, au gouvernement afin d'orchestrer cette nouvelle phase.

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