Les salariés de Google pestent contre un contrat avec le gouvernement israelien

le 07/09/2022, par Varun Aggarwal, IDG NS (adaptation Jean Elyan), Cloud / Virtualisation, 924 mots

L'engagement du géant de la recherche dans des projets de défense avec le gouvernement et l'armée israéliens fait l'objet de critiques internes, certains employés assimilant ce contrat à un soutien à l'apartheid.

Les salariés de Google pestent contre un contrat avec le gouvernement israelien

Après les oppositions aux contrats de défense Maven et JEDI, un groupe d'employés de Google demande à l'entreprise de renoncer à un contrat de 1,2 milliard de dollars avec le gouvernement et l'armée israéliens dénommé Projet Nimbus. Google s'est associé à Amazon pour se porter candidat. Sous la pression de ses employés, la firme de Mountain View a déjà abandonné un contrat de défense du gouvernement américain appelé Project Maven, et l'entreprise a pris ses distances avec un autre projet appelé Jedi. Dans une vidéo publiée sur Youtube, un groupe d'employés de Google, se présentant comme « des Palestiniens, des Juifs, des Musulmans et des Arabes », ont exprimé leurs inquiétudes à propos de Nimbus. Selon eux, ce projet fournira des technologies de surveillance et d'autres formes d'IA performantes au gouvernement et à l'armée israéliens.

Le groupe, qui se présente sous la bannière de la Jewish Diaspora in Tech - une communauté « antimilitariste, contre la violence suprémaciste et l'état carcéral, anticoloniale, contre l'appropriation des terres, pour la redistribution des richesses et du pouvoir,... » selon son site Internet - s'élève également contre « le parti pris anti-palestinien » dont ces membres ont été témoins au sein de l'entreprise. « En faisant des affaires avec l'apartheid israélien, Amazon et Google faciliteront la tâche du gouvernement israélien pour surveiller les Palestiniens et les forcer à quitter leurs terres », a affirmé le groupe. Alors que Google a déclaré que le projet Nimbus n'était qu'un simple contrat d'informatique dans le cloud pour le gouvernement israélien, un article du média The Intercept indique que des documents de formation et des vidéos montrent que Google fournit au gouvernement israélien une suite complète d'outils d'apprentissage machine et d'IA qui donneraient à Israël la capacité de surveiller les gens et de traiter d'importantes quantités de données sur la population palestinienne.

De vives discussions dans les groupes internes

La protestation des employés de Google contre le projet Nimbus a été menée par Ariel Koren, une employée de confession juive, qui a démissionné de l'entreprise cette semaine après avoir protesté pendant plus d'un an contre le projet et ce qu'elle appelle les tentatives de Google de la réduire au silence. « Au lieu d'écouter les employés qui veulent que Google respecte ses principes éthiques, l'entreprise est à l'affût de contrats dans le domaine militaire et prive ses employés de leur voix en les réduisant au silence et en exerçant des représailles à mon encontre et à l'encontre de nombreuses autres personnes », a écrit Mme Koren dans une lettre adressée à ses 417 followers de Medium.com et aux 700 employés de Google qui ont signé une pétition en sa faveur, pour expliquer sa décision de quitter l'entreprise. Mme Koren, qui travaillait au sein de la division marketing de Google, a d'abord abordé la question dans un groupe interne de Google appelé Jewglers, qui réunit des employés se reconnaissant autour d'une même identité - cette pratique répandue chez Google permet aussi aux membres de ces communautés de signaler d'éventuels faits de discrimination au sein de l'entreprise - mais elle a déclaré avoir été « mise en modération » par certains membres, qui lui ont interdit de publier quoi que ce soit dans le groupe. Elle et d'autres employés ont ensuite créé le groupe Jewish Diaspora in Tech pour poursuivre leur action. Après la démission de Mme Koren, au moins 15 autres employés ont publié des témoignages audio contre le parti pris « anti-palestinien » de l'entreprise. De nombreux militants ont également organisé des conférences de presse dans le cadre d'une manifestation dans plusieurs villes des États-Unis.

Les désaccords politiques gagnent les géants de la technologie

Les désaccords politiques entre les employés entravent le développement technologique et accentuent le problème de pénurie de talents chez les géants de la technologie, qui tentent constamment de devancer leurs concurrents en progressant dans le domaine de l'intelligence artificielle, mais pas seulement. Il y a quatre ans, Google a été contraint de mettre fin à sa participation à un important contrat du Département américain de la défense. Dénommé Maven, ce projet était censé utiliser l'IA pour interpréter des informations vidéo afin de cibler les frappes de drones. Quatre mille employés de Google ont signé une pétition pour exiger de l'entreprise et de ses sous-traitants qu'ils ne s'impliquent pas dans les technologies de guerre. Suite à ces protestations, Google a également décidé de ne pas se porter candidat à un autre projet du Département américain de la défense appelé JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure). Des appels similaires ont été lancés par des employés de Microsoft et d'Amazon contre des projets de nature politique ou pouvant avoir des implications dans les conflits armés. Les employés du secteur technologique ont participé à plusieurs manifestations pour dénoncer des injustices.

Mais si ces précédentes protestations ont fait reculer Google, l'entreprise ne semble pas vouloir ralentir l'embauche et pousser les employés à travailler davantage. Dans un entretien avec le New York Times, Shannon Newberry, la porte-parole de Google, a dit clairement que la dissidence ne serait plus tolérée dans l'entreprise. Á propos des allégations de Mme Koren, elle a déclaré au quotidien new-yorkais : « Nous interdisons les mesures de rétorsion sur le lieu de travail et communiquons publiquement et très clairement sur notre politique. Nous avons mené une enquête approfondie sur la plainte de cette employée, comme nous le faisons chaque fois que des employés font part de leurs préoccupations ».

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