Peut-on « copyrighter » le patrimoine ?

le 26/12/2007, par Marc Olanié, Actualités, 535 mots

La chose était prévisible depuis les premières tentatives de « DRMisation » d'oeuvre tombées dans le domaine public. Voilà que le gouvernement Egyptien, si l'on en croit la BBC, envisagerait de protéger la « propriété intellectuelle » que représentent ses antiquités. Sphinx all right reserved, Kheops Trade Mark et Louksor copy worldwide prohibited... y compris dans le cadre d'usages personnels. Seule dérogation acceptée, celle accordée aux artistes, qui pourront continuer à reproduire les fresques funéraires d'Ouserkaou-Rê « as long as they are not exact replicas » précisent les gardiens de l'Ordre des Droits D'Auteur du Nil et des Nomes Réunis. Toute la différence sera dans ce détail. Va falloir s'attendre à voir des momies bobinées dans les bandes Velpeau et des scarabées sacrés maquillées en amulettes Suédoises. Donc le gouvernement du Caire cherche à remplir les caisses de l'Etat en imposant les vendeurs de boules en plastique version Karnak sous la neige. Passe encore. Quoique certains défenseurs de l'Art Kitch puissent y trouver à redire. Mais que soit adoptée cette loi, que ce projet parvienne à maturité, et cela risque de donner des idées à bien des rapporteurs impartiaux chargés de juger ce qui doit se faire en matière de protection des « oeuvres artistiques » (entendons par là ce qui se monnaye). Citer Montaigne ou Hugo, dessiner un auroch en rut ( copyright Lascaux), un indolent dodo ( Made in Mauritius) ou un monstrueux Menhir ( Carnac -l'autre- Special Edition), fredonner « Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme... » ou la Carmagnole, et l'on devra verser l'obole aux morts, un droit d'auteur défunt que s'empressera d'empocher un Ministre Intègre ou un Ayant Droit millénariste. Cette décision Egyptienne, qu'elle soit ou non approuvée, enfonce un coin dans l'esprit des lois internationales. Elle nous permet de comprendre pourquoi, toutes ces dernières années durant, les politiques et industriels se sont voulus les défenseurs de « l'Art et des Artistes ». Car en reposant leurs discours sur un terme aussi vaste et aussi vague, ils préparaient ainsi les esprits à accepter une extension de leurs prérogatives. L'art ne devient art que lorsqu'il a passé l'épreuve des siècles. Une céramique de Nagada, c'est de l'Art. La dernière complainte de la StarAcc, ce n'est pas de l'Art. A la rigueur du divertissement. Mais en jouant sur cette confusion, en provoquant cet amalgame, il devient plus facile d'appliquer à l'Art véritable les dispositions financières qui régentent la vente et la reproduction de produits strictement commerciaux, telle que la musique de variété ou les séries B des studios d'Hollywood. Que Le Caire décide d'accroitre la taxe sur les Sphinx en plastique -surtout si une partie des gains collectés est reversée au Conseil Suprême des Antiquités d'Égypte-, cela ne peut être que bénéfique à l'Etat. Mais il ne s'agit pas là d'Art à proprement parler. Tout au plus d'une branche de l'industrie du tourisme. Si les termes d'Antiquité, d'oeuvres anciennes, de créations soient conservé dans ce projet, alors l'Egypte sera parvenu à mettre sous séquestre un pan entier du patrimoine mondial sous prétexte de protection et de sécurité économique. Car imposer un « copyright » -donc un prix de reproduction à payer- sur un objet appartenant à l'humanité, c'est en réserver l'accès à ceux qui ont les moyens de s'acquitter. Même si le montant de ce droit est symbolique.

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