L'indien Tata mise sur les lacunes d'Orange ou de BT

le 26/07/2010, par EuroTMT, Opérateurs/FAI, 592 mots

L'opérateur télécoms indien Tata Communications axe sa stratégie sur les marchés émergents. Il n'oublie pas pour autant l'importance de s'implanter dans les pays industrialisés. Il  entend exploiter les faiblesses de BT ou d'Orange.

L'indien Tata mise sur les lacunes d'Orange ou de BT

(Source EuroTMT) Pour vivre heureux, vivons cachés ? L'effervescence du marché indien dans l'univers de la IT, et les grandes manoeuvres autour des principaux acteurs ne semblent guère préoccuper le groupe Tata, l'un des principaux conglomérats indiens.

Tata dégage plus de 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires et emploie 350 000 personnes. Il est notamment présent dans l'automobile (Tata Motors, Land Rover, Jaguar), l'acier (Tata Steel, Corus), l'hôtellerie (TAJ) et les technologies de l'information à travers Tata Teleservices (TTSL), Tata Consultancy Services (TCS) et Tata Communications.

Discrète, cette dernière entité qui affiche un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars, se positionne comme un opérateur résolument dédié aux entreprises tout en revendiquant la place de premier opérateur international de trafic « wholesale » (distribution) dans l'univers de la voix depuis le rachat du canadien Teleglobe en 2006, et le troisième dans l'univers des « datas ».

Essentiellement tourné vers les pays émergents, notamment africains, asiatiques et moyen-orientaux, Tata Communications se veut un point de passage vers les grands pays industrialisés, notamment l'Europe qui représente 20 % de son chiffre d'affaires et où le groupe dispose d'une quinzaine de bureaux.

Tata Communications a un raisonnement assez simple qui est d'accompagner les grandes entreprises indiennes à l'étranger, comme en Grande-Bretagne où le groupe, à savoir TCS, Corus, Jaguar, Land Rover, emploie une dizaine de milliers de collaborateurs.

Et inversement, Tata entend accompagner les entreprises occidentales dans les pays émergents. En France, Tata Communications revendique plus d'une centaine de clients parmi lesquels la Société Générale, BNP Paribas, Crédit agricole, Total, Dassault, PSA , etc. Cette stratégie ...

Illustration : Claude Sassoulas, Directeur Général de Tata Communications Europe et Afrique (D.R.)



(Source EuroTMT)...Claude Sassoulas, directeur général de l'opérateur pour l'Europe et l'Afrique, la résume ainsi : « il s'agit de récupérer la croissance dans les pays émergents grâce à des partenariats avec des opérateurs locaux tout en profitant des lacunes de BT ou d'Orange ».

Quant à son positionnement exclusivement tourné vers les services professionnels, Claude Sassoulas le justifie par le potentiel des pays émergents où les prix dans l'univers des « datacoms », notamment en Afrique, demeurent élevés. Conjugué à un réseau international de câbles sous-marins de tout premier plan, sachant que 16 % du trafic internet mondial y serait acheminé, depuis le rachat de Tyco Global Network en 2005, Tata Communications dispose ainsi d'une belle capillarité dans des régions souvent mal desservies tout en bénéficiant de substantielles économies d'échelle.

Côté services, l'offre du groupe repose essentiellement sur des services IP sous protocole MPLS (Multi Protocol Label Switching) ou Ethernet, l'infogérance de serveurs sécurisés, l'hébergement avec une quarantaine de  centres informatiques  dans le monde, et la diffusion de contenus vidéo (CDN ou Content Delivery Network).

A priori peu friand d'acquisitions, hormis Teleglobe ou les câbles sous-marins de Tyco, le groupe privilégie les partenariats locaux pour ouvrir de nouveaux points de présence comme récemment en Afrique de l'Est au Kenya et en Tanzanie, et les accords en marque blanche. Une exception toutefois avec le rachat partiel à la mi-2008 de Neotel, le second opérateur fixe sud-africain, dont Tata contrôle désormais 56 %, « afin d'accompagner les grandes entreprises sud-africaines à l'étranger ».

Autre type de partenariat, celui passé avec le californien Cisco pour le déploiement d'un service international de salles de « téléprésence » dans les hôtels TAJ, qui sont la propriété du groupe Tata, ou Starwood avec le Méridien et le Hilton, dans de nombreuses métropoles du monde. Un centaine de sites est prévue d'ici l'an prochain. 

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