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Google abandonne le populaire H.264, pour promouvoir les vertus de WebM

Google abandonne le populaire H.264, pour promouvoir les vertus de WebM

Edition du 20/01/2011 - par Jean Elyan avec IDG News Service

Autour de la polémique suscitée par la décision de Google de ne plus supporter le H.264 dans son navigateur Chrome, un officiel de Google reconnait bien que ce format vidéo est aujourd'hui plus populaire que le codec WebM, mais pense que les restrictions de licence finiront à terme par bloquer l'évolution de ce format.

Les standards vidéo au sein d'HTML5 continuent d'opposer Microsoft et Google, Microsoft ayant choisi de soutenir le H.264 pour Internet Explorer 9, alors que Mozilla, Opera, Adobe et Google ont décidé de pousser le format WebM, ce qui laisse prévoir une longue bataille des standards. Et Google admet avoir du pain sur la planche. « Nous reconnaissons que le format H.264 dispose actuellement d'un plus large soutien dans la communauté des éditeurs, des développeurs, et chez les constructeurs, même si l'adhésion au format WebM évolue rapidement, » écrit Mike Jazayeri, Product Manager chez Google, sur le blog du navigateur Chrome.

Cependant, celui-ci maintient que les restrictions imposées par les droits de licence du H.264 risquent à terme de freiner l'innovation et de conduire à l'abandon de ce format. Certes, ce dernier dispose d'un plus grand soutien aujourd'hui, mais « il n'y aura pas d'accord pour en faire la base du standard vidéo HTML en raison des contraintes liées à son mode de licence, » écrit encore le responsable de Google. « Pour utiliser et distribuer le H.264, les vendeurs de navigateurs Internet et de systèmes d'exploitation, les fabricants de matériel, et les éditeurs qui font payer pour le contenu, doivent également reverser d'importantes royalties, et n'ont aucune garantie que ces droits ne seront pas encore plus élevés dans l'avenir. Pour des entreprises comme Google, ces droits de licence ne sont pas conséquents, mais pour le démarrage de la vidéo de prochaine génération et pour les marchés émergents qui en dépendent, ces redevances viennent limiter l'innovation. » Dans les conditions de licence du H.264, accessibles sur le site web du MPEG LA, LLC, le numéro un mondial en matière de licences technologiques alternatives groupées, qui administre les octrois de licence, on trouve, parmi les titulaires des droits du H.264, Apple, Cisco, HP, LG, Microsoft, Polycom, Sony, Toshiba et bien d'autres encore.

Une prise en charge par les plug-ins


Mike Jazayeri précise que même si Google a annoncé qu'elle allait retirer le support du H.264 de son navigateur Chrome, peu d'utilisateurs remarqueront la différence, du moins pour le moment. « Le H.264 tient une place importante et la grande majorité des vidéos H.264 diffusées sur le web aujourd'hui sont lues avec l'aide de plug-ins comme Flash et Silverlight, » écrit-il. « Ces plug-ins sont et continueront d'être pris en charge par Chrome, » explique-t-il. « Notre annonce ne concerne que la balise vidéo, qui fait partie des évolutions d'HTML 5. Celle-ci est très prometteuse, mais peu de sites l'utilisent aujourd'hui, si bien que le nombre d'utilisateurs qui seront directement touchées par ce changement est minime. »

L'abandon du format vidéo H.264 par Google a également suscité beaucoup d'interrogation quant à l'influence que pourrait avoir le géant du web sur l'avenir de la vidéo sur Internet, certains se demandant si cette stratégie de Google ne visait pas « à contrôler le format vidéo sur le web » ? Pour répondre à cette préoccupation, Mike Jazayeri fait remarquer que «la majorité des organisations et des personnes qui contribueront au format WebM ne sera pas affiliée à Google ou à une entité unique, », et que les développeurs tiers « ont déjà créé une alternative de grande qualité (et compatible) à WebM. » Celui-ci reconnaît que la situation actuelle n'est pas parfaite, puisqu'elle impose aux éditeurs de générer plusieurs copies vidéo pour s'adapter aux besoins des différents navigateurs. « Surtout, nous sommes dans une impasse pour faire évoluer la vidéo au sein d'HTML, » écrit-il. «Le fait de ne pas avoir de codec de référence en matière de la spécification HTML est loin d'être idéal. »

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