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Le mirage de la fibre

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Le mirage de la fibre

L'euphorie du FTTH


(14/03/2007) - par Valérie Larbaud


Penser à l'habitat neuf

La collectivité va maintenant passer à son propre dégroupage sur son réseau câblé et vérifier que tous les habitants accèdent bien au réseau et au FTTH. «Seule une collectivité - c'était déjà le cas avec l'ADSL - peut se préoccuper ainsi de toute la population», souligne Yves Macheboeuf. Saint-Quentin-en-Yvelines connectera également les entreprises en 2007. Ce FTTH va être imposé dans tous les habitats neufs par des conventions d'urbanisme. C'est le cas aussi à Valenciennes, où l'ancien maire et actuel ministre Jean-Louis Borloo impose son FTTH aux habitations neuves nées dans les quartiers où l'habitat est réhabilité. Rares cas, mais ils existent, où la fibre optique et le FTTH seront accessibles dans des habitats à population moins favorisée. Les collectivités locales prennent de vraies initiatives et de vrais risques. Saint-Quentin est, par exemple, en conflit avec deux opérateurs ; à Valenciennes, Arnaud Benoît, le DSI, s'est passé de délégation de service public pour bâtir son réseau, préférant courir lui-même les subventions et démêler les écheveaux juridiques plutôt que de passer par des cabinets ou des institutions spécialisées.
«Non seulement il faut une volonté forte, mais aussi un certain consensus. Je mène le projet et les réunions de travail avec un autre vice-président, alors que nous sommes de bords politiques opposés», souligne Yves Macheboeuf. La ville nouvelle envisage de passer par une SEM ou un délégataire à terme ; pour l'heure, les élus s'appuient sur un consultant, Michel Triboulet, directeur général du cabinet e-Reso. «N'oubliez pas non plus, nous précise ce dernier, que les premiers réseaux plan câble étaient FTTH. Il en existe encore cinq en France, totalisant cent quarante mille prises : Nantes, Palaiseau, Evry, Toulon, Sèvres-Suresnes-Saint-Cloud (réseau 3S). De la fibre multinodale jusque chez l'habitant.»
Le match pourrait donc s'annoncer passionnant entre un FTTH amené par des opérateurs télécoms et celui des opérateurs du câble. Toutefois, le câble ne va pas jusqu'à l'appartement. Il arrive dans les amplificateurs de France Télécom ; après, il faut soit tirer de la fibre, soit passer - comme le fait traditionnellement l'opérateur du câble - par du coaxial et régénérer le signal. «Plus on monte dans les immeubles, plus on rencontre de limites physiques», souligne Stéphane Lelux. La comparaison en terme de débit semble donc devoir s'arrêter au pied des immeubles.
Elle s'arrête aussi aux limites des grandes villes. Les annonces de projets en Ile-de-France, accentuent en effet encore plus la question de la fracture numérique. Avec deux types de projets à l'étude, des projets d'initiative publique, comme ceux du département des Hauts-de-Seine et du Sipperec (petite couronne parisienne, essentiellement sur le 93 et le 94), et celui mené sur la ville de Paris par le privé, en l'occurrence Iliad-Free.

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