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Alcatel-Lucent : 1 mariage et 12 500 enterrements

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Alcatel-Lucent : 1 mariage et 12 500 enterrements

La fusion


(27/04/2007) - par Eddye Dibar

C'était prévisible. La fusion entre Alcatel et Lucent entraîne la suppression de douze mille cinq cents postes, y compris en R&D. Employés et politiques se heurtent à une direction inflexible, qui ira au bout de la restructuration.


Le 1er décembre 2006, le Français Alcatel et l'Américain Lucent consommaient leur mariage. Le nouveau groupe dispose aujourd'hui d'une force de frappe plus importante, crée des synergies technologiques et bénéficie de deux bases de clientèle qui ne se recouvrent pas. Cette fusion permet aux deux équipementiers de faire face ensemble à une concurrence asiatique (Huawei et ZTE) agressive, d'une part, et aux mastodontes occidentaux (Cisco, Ericsson, Nokia-Siemens) du secteur des réseaux et des télécommunications, d'autre part.
Cette union est donc une question de survie... au sens des deux entreprises. Car, rapidement, les actionnaires d'Alcatel comme ceux de Lucent ne voient pas ce rapprochement d'un très bon oeil. En juillet 2006, quatre mois après l'annonce officielle de la fusion, Serge Tchuruk, alors PDG d'Alcatel, doit rassurer la place boursière sur la relutivité de l'opération. En effet, les avertissements de Lucent sur ses résultats plombent la valeur du titre du Français.

Une procédure contre Lucent

Quelques semaines plus tard, une partie des détenteurs des titres de Lucent engagent une procédure juridique aux Etats-Unis, à l'encontre de l'équipementier américain. Motif : le projet de fusion ne crée pas assez de valeur à leurs yeux. Finalement, Lucent calme le jeu en signant un accord avec les actionnaires mécontents. Les conditions financières n'ont pas été divulguées.
De leur côté, les salariés font grise mine. Le projet de fusion prévoit en effet une réduction d'effectifs de près de neuf mille personnes en vingt-quatre mois. Le jour de la naissance officielle d'Alcatel-Lucent, ses dirigeants confirment ce chiffre. La CFDT estime alors que le sureffectif concerne plus de mille personnes en France. Les sites de Rennes (deux cent dix emplois impactés) et de Lannion (deux cent dix-sept emplois) en Bretagne, qui hébergent deux importants sites de R&D, seront les plus touchés.

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