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Alcatel-Lucent : 1 mariage et 12 500 enterrements

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Alcatel-Lucent : 1 mariage et 12 500 enterrements

La fusion


(27/04/2007) - par Eddye Dibar

C'était prévisible. La fusion entre Alcatel et Lucent entraîne la suppression de douze mille cinq cents postes, y compris en R&D. Employés et politiques se heurtent à une direction inflexible, qui ira au bout de la restructuration.



La baisse d'activité n'arrange rien

Pendant que son personnel s'agite, Alcatel-Lucent rachète les activités de Nortel dans les équipements radio d'accès au réseau UMTS, pour 320 millions d'euros. Certes, cette acquisition permet au Français de devenir le numéro trois du secteur, derrière Ericsson et Nokia. Certes, il étoffe ses équipes de mille sept cents personnes, dont mille cent ingénieurs en R&D. Mais, là encore, les syndicats s'inquiètent. A juste titre : fin janvier, Alcatel-Lucent annonce de piètres résultats. Le chiffre d'affaires est en chute de 16 % par rapport à l'année passée. Le résultat net est, quant à lui, divisé par trois, à 522 millions d'euros.
Pour compenser, Alcatel-Lucent déleste de plus belle et décide de se séparer de trois mille cinq cents collaborateurs supplémentaires. Ainsi, douze mille cinq cents personnes, dont mille cinq cents en France, seront remerciées au cours des trois prochaines années. Ces coupes franches toucheront les sites de production et la R&D.

Mobilisation salariale et politique

Dès lors, employés et syndicats intensifient leur mobilisation et demandent le gel du plan social. Le 15 mars, ils sont trois mille selon les syndicats et la police, cinq mille selon la CGT, à exprimer leur colère dans les rues de Paris. La situation prend une proportion telle que la classe politique s'en mêle. Alors qu'Alcatel-Lucent et SFR viennent d'être retenus pour déployer et maintenir quatre cents points d'accès Wi-Fi à Paris, les élus communistes de Paris exigent la suspension du marché, remettant en cause la citoyenneté de l'équipementier. En vain : le marché est maintenu. Par ailleurs, le gouvernement, qui souhaite la suspension du plan social, a mis en place un groupe de travail sur l'avenir des télécoms en France.
En attendant, la place peu à peu laissée libre par Alcatel-Lucent à Lannion n'aura pas le temps de refroidir. Huawei, son concurrent chinois direct, installe un centre de R&D dans la région. En France, il prévoit de passer de cent cinquante à cinq cents personnes d'ici trois à cinq ans.

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