Orange doit se centrer sur l'expérience client comme Apple, pour Stéphane Richard

le 25/06/2013, par Jean Pierre Blettner, Opérateurs/FAI, 926 mots

Orange doit devenir un acteur de la digitalisation de la société et ne peut pas se contenter d'être un fournisseur d'accès.  L'arrivée de Free Mobile lui a fait perdre 2 milliards d'euros en 2012. Les prix du mobile baisseront de 10% à 12% sur 2013.

 

Orange doit se centrer sur l'expérience client comme Apple, pour Stéphane Richard

Orange doit se centrer sur l'expérience client comme Apple ou Google, a affirmé Stéphane Richard, PDG d'Orange, lors de l'ouverture de l'assemblée générale de l'EBG (Electronic Business Group), le 25 Juin, devant un public de 800 responsables marketing d'entreprises de l'hexagone.

Le PDG entend qu'Orange, nom unique que l'opérateur France Télécom adoptera officiellement sur toute la planète au premier juillet, devienne l'opérateur télécoms d'internet. « La digitalisation est en oeuvre partout, elle va façonner le monde du futur » a-t-il constaté, « Mais si  on reste un fournisseur d'accès, nous fournirons du 100 Mbit/s avec la 5G, et du 1 Gbit/s avec la fibre optique dans dix ans ; C'est alors le risque d'être cantonné à être une « utility », et donc d'être encore plus régulé pour que le prix soit le plus bas possible » a présenté le PDG.  

Il veut aller vers l'écosystème qui se crée sous nos yeux. Et cela passe par l'innovation ouverte. « On doit entrer dans l'Open Innovation, nos labs doivent être ouverts aux étudiants, aux chercheurs, aux startups, ... » a-t-il annoncé. Pour l'opérateur, les relais de croissance sont alors le Cloud, le mobile banking et l'internet des objets.

Les prix du mobile devraient baisser de 10% à 12%

Reste qu'en attendant, il a décrit une situation difficile pour l'opérateur dans l'hexagone. « Du fait des prix bas, nous avons perdu 2 milliards d'euros, d'où notre cours de bourse » a-t-il expliqué. « Le prix moyen français du mobile est un des moins chers des pays occidentaux. Un nouveau venu [NDLR : Free Mobile] est arrivé en 2012, avec une politique de prix agressive. Résultat, le revenu moyen a baissé de 10% chez Orange en 2012, et il devrait encore baisser de 10% à 12% en 2013 encore. C'est énorme » décrit-il.

Pour sortir de cette guerre des prix, il place ses espoirs dans une segmentation qui doit se mettre en place, entre les offres « SIM only », « web only » d'un côté, et de l'autre, celles des opérateurs qui ont leur réseau de boutiques. Une vraie différence doit se créer entre ces marchés, selon lui.

3 millions de clients sur l'offre de convergence Open ...



3 millions de clients sur l'offre de convergence Open

Pour l'heure, il soigne les offres de convergence, histoire d'aller concurrencer Free sur son marché phare : l'accès à internet. «  Nous avons 3 millions de clients sur l'offre Open, l'offre quadruple play. La convergence ça marche entre le fixe, le mobile, l'internet et la TV pour la maison. Nous avons créé un forfait 4P sur Sosh, une offre sans engagement. Les débuts sont extrêmement encourageants » se félicite-t-il.

Il reconnaît que les opérateurs télécoms donnent l'impression de toujours se plaindre tout en trouvant toujours de l'argent pour investir notamment dans l'achat de spectre radio. Pour autant, il souligne que les investissements vont être importants entre la 4G et surtout, la fibre optique.

« La fibre est un projet à 10 ans, avec un effort constant, pour construire un réseau qui va durer de 30 à 40 ans. Les collectivités, et peut être l'état seront impliqués. La 4G,  cela n'a rien à voir par rapport à la fibre même en cumulé » décrit-il.

300 villes en cours d'installation de la fibre

« Orange investira 6 milliards d'euros en 2013 au niveau groupe. En France, pour la fibre optique nous investirons 300 millions d'euros en 2013. Nous travaillons sur 300 villes actuellement. En 2015, ce sera 2 milliards d'euros investis dans la fibre et 10 millions de foyers raccordés à la fibre en 2020 » déclare-t-il.

Le PDG se montre heureux de la volonté du gouvernement français en matière d'évolution de la régulation des télécoms au niveau européen. « Mais j'attends de voir ce qui va sortir en matière de régulation. Il y a une prise de conscience et des bonnes intentions. Mais pour l'instant, je ne vois qu'une directive pour baisser le roaming » s'offusque-t-il. Il ajoute : « Il est grand temps que l'Europe se pose des questions sur les 20 ans d'une dérégulation consumériste. Les 20 ans qui viennent seront la bataille de la connectivité face aux Etats Unis et à l'Asie. »

La question est l'accès au fixe en Europe ...

 


La question est l'accès au fixe en Europe

Quelle peut être la voie vers un marché unique européen des télécoms ? Pour le PDG, la question est l'accès au fixe. Tout en soulignant, qu'« il n'y a pas de régulation sur le câble, avec des monopoles dans certains pays, dont je ne citerai pas le nom » dit-il. 

« Une consolidation fixe-mobile est possible en Europe. Quant à une grande consolidation entre des opérateurs majeurs, c'est séduisant, par l'idée.  Cela peut être ambitieux, mais cela se heurte à des difficultés de toutes natures. Je ne crois pas qu'il y ait d'opportunités, de projet précis qui puisse être engagé dans ce domaine » déclare-t-il, fermant ainsi la porte à une fusion avec Deutsche Telekom très souvent évoquée.

Cependant, il souligne qu'il reçoit le PDG de Deutsche Telekom le demain matin, car les deux opérateurs ont beaucoup de projets en commun, dont une filiale commune en Grande Bretagne et une filiale d'achats communs, ...

Quant au développement à l'international, il indique que « nos marges sont intactes et nous avons les moyens de faire des choses. » En l'occurrence, Orange est candidat à une des deux fréquences proposées en Birmanie. « Nous faisons partie des dix derniers candidats participants aux enchères. Il y a 2 licences proposées. Il y avait 92 candidats au départ, ce serait un mouvement stratégique important pour nous, car nous ne sommes pas présents en Asie. La pénétration du mobile n'est que de 6% en Birmanie » conclut-il. 

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