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Green IT : l'informatique poussée au vert permet des économies

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Green IT : l'informatique poussée au vert permet des économies

Consommation électrique : la virtualisation impose de remanier les salles informatiques


(22/11/2008) - par Kareen Frascaria

La mutation vers des centres informatiques de nouvelle génération moins consommateurs en énergie est entamée. L'évolution est devenue indispensable face à la virtualisation massive de serveurs de plus en plus puissants.


Ça chauffe dans les salles informatiques. Il devient urgent de maîtriser une consommation électrique en croissance exponentielle. "Avant de sauver la planète, la démarche aura l'avantage de réduire la facture de façon conséquente, et ça c'est une priorité", affirme François-Xavier Rousselin, DSI de la société de marketing ETO.

Soucieux de réaliser des économies, il a opté pour la virtualisation d'une centaine de serveurs sur des machines en lames, aux processeurs peu gourmands en énergie, ainsi que pour la virtualisation de son stockage.

Cette virtualisation convainc aussi les adeptes du Green IT. "Notre premier challenge en matière de Green IT, a été de faire des économies d'énergie dans notre centre de données", décrit Olivier Parcollet, chef de projet à la Société des Transports de l'Agglomération Orléanaise (SETAO), qui opère un réseau de bus et de tramways. La DSI a investi dans trois serveurs puissants (des bi-processeurs quadri-coeurs) afin de virtualiser trente « vieux » serveurs bi-processeurs, via VMware ESX et Xen. « Là où nous consommions 28 kW sur 30 serveurs, nous ne consommons plus que 8 kW sur 3 machines, se félicite Olivier Parcollet.

Pour l'heure, la rénovation de l'infrastructure de la SETAO s'est arrêtée là, et la DSI conserve ses postes de travail, des PC, tels quels. "Il faut être pragmatique et rechercher un équilibre entre nos besoins et le retour sur investissement", justifie le chef de projet. C'est que la virtualisation représente un investissement non négligeable. "Cela oblige à acheter des équipement plus chers et plus performants. Mais si on voulait garder tous les anciens équipements, cela coûterait plus cher en maintenance et en consommation électrique", estime François-Xavier Rousselin.

Si l'adoption de la virtualisation réduit la facture globale d'électricité côté serveurs, en revanche, elle concourt à un phénomène préoccupant : l'accroissement de l'énergie consommée au m2. "Un client moyen consommait 500 Watts au m2, il y a dix ans, depuis, cette consommation a été multipliée par cinq", constate Fabrice Coquio, directeur de l'hébergeur Interxion. Et pour l'entreprise, le coût de l'énergie a grimpé de 10% de sa facture d'hébergement, à 20% ou 25%.

La tendance n'est pas prête de s'inverser. Les machines sont de plus en plus puissantes et gourmandes en énergie. "On commence à atteindre les limites. Même avec un investissement conséquent, il sera impossible de concentrer la puissance électrique d'une ville dans un bâtiment de 10 000 mètres carrés", prévient Fabrice Coquio. Et qui dit plus de consommation électrique dit plus de chaleur et donc la nécessité d'un refroidissement supérieur.

Souci supplémentaire : les machines virtuelles peuvent être déplacées d'un serveur à un autre. La consommation électrique et la génération de chaleur évoluent donc dynamiquement dans les salles. Moduler les capacités de refroidissement, selon les besoins, devient nécessaire. Un fournisseur tel qu'APC propose le couplage de la source de chaleur à la climatisation. On raccourcit le chemin nécessaire à l'air froid pour atteindre les serveurs et on évite les mélanges entre air chaud et air froid. Stéphane Duproz, directeur de l'hébergeur TelecityGroup, confirme que la climatisation est un enjeu majeur. "On considère que pour 1 kW consommé par les machines des clients, 1 kW est consommé par l'installation, principalement pour la climatisation ". Le remède ? "Une climatisation de nouvelle technologie, le relèvement de la température de soufflage, et l'optimisation des flux d'air froid ". L'efficacité peut ainsi être améliorée de 20% à 25%.

L'hébergeur Internet.fr, pour sa part, a retenu le principe de la baie auto-réfrigérée pour son centre de Massy, construit en 2007. "Quand il y a des variations importantes de température, cela implique des variations conséquentes pour la climatisation. Jadis, on plaçait la climatisation soit en faux plancher soit en faux plafond, et on traitait l'ensemble de la pièce. Certaines lames, en fin de circuit, étaient donc refroidies avec un air réchauffé par les autres lames", décrit Dominique Morvan, directeur d'internet.fr. A Massy, les baies sont jointives avec une propulsion d'air froid lame par lame, l'air étant refroidi étage par étage grâce à un système à base d'eau glacée. C'est le principe du 'à chacun selon ses besoins'. De plus, l'air récupéré est recyclé pour n'être refroidi que de ce qui est nécessaire avant d'être réinjecté dans le circuit.

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